Définition. On admet l’existence d’un corps commutatif contenant , dont les opérations prolongent celles de , et d’un élément vérifiant , tels que tout s’écrive de manière unique avec . Le réel est la partie réelle , le réel la partie imaginaire . La construction de est hors programme.
Propriété. L’unicité de l’écriture donne, pour : et . Deux complexes sont égaux si et seulement si ils ont même partie réelle et même partie imaginaire : une égalité dans équivaut à deux égalités dans .
Propriété — inverse. Pour non nul, . On passe d’un quotient à la forme algébrique en multipliant numérateur et dénominateur par le conjugué du dénominateur.
Propriété — identités valables dans . Pour et :
Formulaire
(formule du binôme, valable car et commutent) ;
pour ;
si , et si .
Notation — plan complexe. Le plan est muni d’un repère orthonormé direct . Au complexe on associe le point de coordonnées , appelé image de ; réciproquement est l’affixe de , notée . L’affixe du vecteur est .
AttentionCe qui n’a aucun sens dans
n’est pas ordonné : « », « » n’ont pas de sens pour non réel. La notation est interdite pour : un complexe non nul a deux racines carrées, dont aucune n’est privilégiée.
2Conjugaison et module
Définition. Le conjugué de est ; le module de est le réel positif .
Propriété — conjugaison. Pour et (avec si ) :
Géométriquement, est la réflexion d’axe .
Propriété — module. Pour : avec ; ; ; si ; ; ; et . Si , .
Remarque. est la distance entre les points d’affixes et : (avec ) décrit le cercle de centre et de rayon , et le disque fermé correspondant.
Théorème — inégalité triangulaire. Pour tous : , avec égalité si et seulement si ou il existe tel que . On en déduit et, par récurrence, .
Idée de preuve (exigible). car ; les deux membres étant positifs, on conclut par croissance de sur . L’égalité impose , i.e. , d’où si .
3Nombres complexes de module et trigonométrie
Définition. On note : c’est le cercle trigonométrique. Pour on pose .
Propriété. , et . De plus , et est stable par produit et par passage à l’inverse.
Propriété. Pour et : , , , et
Idée de preuve (exigible). n’est que la réécriture des formules d’addition de et ; Moivre s’en déduit par récurrence pour , puis par passage à l’inverse pour ; Euler s’obtient en additionnant ou soustrayant et .
Attention
La formule est fausse en général si : n’a pas de sens. La formule de Moivre est un énoncé sur les exposants entiers.
Théorème — technique de l’angle moitié. Pour :
Formulaire
; ;
; .
Idée de preuve (exigible). Factoriser par l’exponentielle de l’angle moitié : , puis reconnaître par Euler.
Attention
et ne sont pas des modules : ils peuvent être négatifs ou nuls. Pour la forme trigonométrique de , il faut discuter du signe de : .
Méthode — linéariser . remplacer et par les formules d’Euler, développer par le binôme, puis regrouper les termes conjugués .
Méthode — exprimer et en fonction de et . écrire (Moivre), développer par le binôme, puis identifier parties réelle et imaginaire.
Théorème — sommes trigonométriques. Soient et . Si ,
et . Si , les sommes valent respectivement et .
4Forme trigonométrique et arguments
Théorème. Tout s’écrit avec et ; alors est unique et est unique modulo . Tout tel est un argument de , on note l’un d’eux, l’égalité entre arguments s’entendant modulo .
Attention
n’a pas d’argument. Dans , on exige : n’est pas une forme trigonométrique (c’est ). Enfin n’est jamais un nombre bien déterminé : toute égalité le faisant intervenir doit porter la mention .
Propriété. Pour et :
De plus , , .
Méthode — passage à la forme trigonométrique. calculer , puis écrire et lire sur le cercle à partir du couple — jamais de seul, qui ne détermine que modulo .
Théorème — transformation de . Soient et . En notant un argument de , on a, pour tout ,
Idée de preuve. .
5Équations algébriques dans
Théorème — racines carrées. Tout admet exactement deux racines carrées, opposées l’une de l’autre.
Méthode — racines carrées sous forme algébrique. pour , on cherche tel que . Le système
(les deux premières équations traduisent , la troisième ) donne , , et le signe de est celui de .
Théorème — équation du second degré. Soient avec , et . Soit une racine carrée de dans . Alors
Si , ces deux racines sont confondues (racine double). Dans tous les cas , et
Réciproquement, deux complexes de somme et de produit sont exactement les racines de .
Remarque. Si sont réels et , alors et les racines sont conjuguées.
Théorème — factorisation par une racine. Si est une fonction polynomiale à coefficients complexes de degré et si , alors il existe une fonction polynomiale de degré , de même coefficient dominant, telle que pour tout .
6Racines -ièmes
Définition. Pour , est l’ensemble des racines -ièmes de l’unité.
Théorème. En posant , on a , ensemble de éléments deux à deux distincts. Leurs images sont les sommets d’un polygone régulier à côtés inscrit dans le cercle trigonométrique, l’un d’eux étant le point d’affixe . De plus, pour , .
Idée de preuve (exigible). impose , donc , et ; la somme est géométrique de raison , donc vaut .
Figure 1 — Les racines sixièmes de l’unité, .
Notation. Pour , on note traditionnellement ; alors , et .
Théorème — racines -ièmes d’un complexe. Soit avec . L’équation admet exactement solutions : , . Comme , on obtient toutes les solutions en multipliant une solution particulière par les racines -ièmes de l’unité.
7Exponentielle complexe
Définition. Pour , on pose . Cette définition prolonge à la fois l’exponentielle réelle et la notation .
Propriété. Pour : , , , , , .
Théorème. . En particulier : n’est pas injective, elle est -périodique.
Méthode — résoudre . si , pas de solution. Si , écrire avec ; alors, en posant , et , d’où : l’exponentielle complexe est une surjection de sur .
8Interprétation géométrique
Propriété. Soient , , d’affixes , , , avec et . Alors
On en déduit : , , alignés ; .
Théorème — application . Soient , et .
Si , est la translation de vecteur d’affixe (sans point fixe si ).
Si , admet un unique point fixe et pour tout : est la similitude directe de centre (d’affixe ), de rapport , d’angle , composée de l’homothétie et de la rotation de centre correspondantes.
Cas particuliers : si , est l’homothétie de centre et de rapport ; si et , est la rotation de centre et d’angle .
Enfin est la réflexion d’axe . Toute étude générale des similitudes est hors programme.
Savoir-faire
Passer de la forme algébrique à la forme trigonométrique ; déterminer un ensemble de points défini par un module ou un argument.
Linéariser ; exprimer , en fonction de , ; calculer par l’angle moitié.
Résoudre une équation du second degré dans , extraire une racine carrée sous forme algébrique, exploiter somme et produit des racines.
Déterminer les racines -ièmes d’un complexe, les placer, utiliser ; résoudre .
Reconnaître la nature géométrique de et en donner les éléments caractéristiques.
Exempledeux calculs types
Linéarisation. .
Second degré. Pour : ; une racine carrée vérifie , , , d’où . Racines : , soit et (contrôle : somme , produit ).
Pièges
Écrire comme un nombre déterminé, parler de l’argument de , oublier « ».
Écrire quand : on dit « une racine carrée de ». Comparer deux complexes.
Appliquer Moivre avec un exposant non entier ; confondre et (le module vaut ).
Écrire une forme trigonométrique avec , ou identifier et sans avoir vérifié .
Oublier le cas (division par ) dans , ou le cas dans une somme géométrique.