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MPSI · Physique-chimie · Mouvements et interactions · Chapitre 16

Mouvement d’un solide

Fiche de cours11 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Le modèle du solide ; translation

Définition. Un solide (ou solide indéformable) est un système dont la distance entre deux points quelconques reste constante : ∥AB→∥=cte\norme{\vect{AB}}=\text{cte} pour tous points A,BA,B du système. Sinon le système est déformable. On note GG son centre de masse, mm sa masse, et Δ\Delta un axe orienté par u⃗\vv{u} ; le référentiel R\mathcal{R} est supposé galiléen.

Remarque. Solides : bille, tige rigide, volant d’inertie, poulie. Déformables : ressort, fil souple, gaz, cycliste qui pédale. Pour un système déformable, ni LΔ=JΔωL_\Delta=J_\Delta\omega ni Ec=12JΔω2E_\text{c}=\frac12 J_\Delta\omega^{2} n’ont de sens.

Définition. Un solide est en translation si, à chaque instant, tous ses points ont le même vecteur vitesse : les trajectoires sont superposables et aucune direction liée au solide ne tourne. Elle est rectiligne (ascenseur) ou circulaire (nacelle de grande roue, qui décrit un cercle sans tourner). Tout se ramène alors au point matériel : m a⃗(G)=∑kF⃗km\,\vv{a}(G)=\sum_k\vv{F}_k et Ec=12m v(G)2E_\text{c}=\frac12 m\,v(G)^{2}.

Remarque — les deux seuls mouvements au programme. Translation et rotation autour d’un axe fixe du référentiel galiléen. Sont hors programme : le mouvement composé (translation de GG et rotation autour d’un axe mobile), le roulement sans glissement, tout axe de rotation en mouvement. Et translation circulaire ≠\neq rotation : dans une rotation, les points n’ont pas la même vitesse.

2Rotation autour d’un axe fixe

Définition. Un solide est en rotation autour de l’axe fixe Δ\Delta si ses points situés sur Δ\Delta sont immobiles. On le repère par l’angle θ\theta dont a tourné une demi-droite du solide perpendiculaire à Δ\Delta ; la vitesse angulaire est ω=θ˙\omega=\dot\theta (en rad⋅s−1{\mathrm{rad}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}), algébrique, positive dans le sens direct autour de u⃗\vv{u}.

Théorème — vitesse d’un point. Soit MM un point du solide, HH son projeté orthogonal sur Δ\Delta, et r=HMr=HM sa distance à l’axe. Alors MM décrit le cercle de centre HH, de rayon rr, dans le plan perpendiculaire à Δ\Delta passant par MM, et

 v⃗(M)=r ω u⃗θ soitv(M)=r ∣ω∣.\boxed{\ \vv{v}(M)=r\,\omega\,\vv{u}_\theta\ }\qquad\text{soit}\qquad v(M)=r\,\abs{\omega}.

Tous les points ont la même vitesse angulaire ω\omega, mais des vitesses différentes, proportionnelles à rr : un point de l’axe est immobile, l’extrémité d’une pale va vite.

Notation. Pour une fréquence de rotation nn en tours par minute, ω=2πn/60\omega=2\pi n/60 : 3 000 tour⋅min−1=314 rad⋅s−1{3\,000\,\mathrm{tour}{\cdot}\mathrm{min}^{-1}}={314\,\mathrm{rad}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} et 1 rad⋅s−1=9,55 tour⋅min−1{1\,\mathrm{rad}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}={9{,}55\,\mathrm{tour}{\cdot}\mathrm{min}^{-1}}. Ne pas confondre ω\omega (rad⋅s−1{\mathrm{rad}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}) et f=ω/2πf=\omega/2\pi (Hz{\mathrm{Hz}}).

Figure 1 — MM décrit un cercle de rayon r=HMr=HM à la vitesse rωr\omega.

Solide homogène, axe Δ\DeltaJΔJ_\Delta — fourni
Masse ponctuelle à la distance rrm r2m\,r^{2}
Cerceau, cylindre creux mincem R2m\,R^{2}
Disque, cylindre plein12 m R2\tfrac12\,m\,R^{2}
Sphère pleine, axe diamétral25 m R2\tfrac25\,m\,R^{2}
Tige ℓ\ell, axe ⊥\perp par le milieu112 m ℓ2\tfrac1{12}\,m\,\ell^{2}
Tige ℓ\ell, axe ⊥\perp par une extrémité13 m ℓ2\tfrac13\,m\,\ell^{2}

Tableau 1 — Cerceau et disque de même masse et même rayon : rapport 22 ; tige, selon l’axe : rapport 44.

3Moment d’inertie, moment cinétique scalaire

Définition. En décomposant le solide en points matériels MiM_i de masses mim_i à la distance rir_i de Δ\Delta, le moment d’inertie par rapport à l’axe Δ\Delta est

 JΔ=∑imi ri 2 (kg⋅m2),\boxed{\ J_\Delta=\sum_i m_i\,r_i^{\,2}\ }\qquad({\mathrm{kg}{\cdot}\mathrm{m}^{2}}),

grandeur positive et additive (deux parties, même axe), indépendante du mouvement.

AttentionToujours fourni

Aucun calcul de moment d’inertie par intégration n’est exigible : pour un solide continu, JΔJ_\Delta est systématiquement donné par l’énoncé ; seul le calcul direct ∑imiri2\sum_i m_ir_i^{2} pour quelques masses ponctuelles est attendu. Reste exigible le lien qualitatif : JΔJ_\Delta mesure l’inertie de rotation et, à masse donnée, il est d’autant plus grand que la matière est éloignée de l’axe.

Théorème — moment cinétique scalaire. Pour un solide en rotation à la vitesse angulaire ω\omega autour de l’axe fixe Δ\Delta :  LΔ=JΔ ω \boxed{\ L_\Delta=J_\Delta\,\omega\ } en kg⋅m2⋅s−1{\mathrm{kg}{\cdot}\mathrm{m}^{2}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}. Démonstration (exigible, cas discret). Chaque MiM_i décrit un cercle de rayon rir_i : son moment cinétique par rapport à Δ\Delta vaut miri2θ˙m_ir_i^{2}\dot\theta (résultat en coordonnées polaires du chapitre 15). Par additivité, LΔ=∑imiri2θ˙=JΔ ωL_\Delta=\sum_i m_ir_i^{2}\dot\theta=J_\Delta\,\omega, car ω\omega est commune à tous les points.

Remarque. LΔL_\Delta est algébrique, du signe de ω\omega : réorienter Δ\Delta change le signe de ω\omega et de LΔL_\Delta, jamais celui de JΔJ_\Delta.

4Couple et liaison pivot

Définition. Un couple est un ensemble de forces de résultante nulle et de moment résultant non nul. Ce moment Γ\Gamma (en N⋅m{\mathrm{N}{\cdot}\mathrm{m}}) est alors indépendant du point où on le calcule : un couple fait tourner le solide sans le déplacer. Exemples : couple moteur, tournevis, rappel d’un fil de torsion Γ=−Cθ\Gamma=-C\theta, frottement fluide Γ=−f ω\Gamma=-f\,\omega.

Définition. Une liaison pivot d’axe Δ\Delta n’autorise que la rotation autour de Δ\Delta. Le moment par rapport à Δ\Delta de l’action qu’elle exerce est nul si elle est parfaite (aucun frottement, aucune dissipation), non nul et de signe opposé à ω\omega si elle est imparfaite : couple de frottement fluide −fω-f\omega (f>0f>0, en N⋅m⋅s{\mathrm{N}{\cdot}\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}}) ou solide de valeur absolue constante Γ0\Gamma_0.

Remarque — ce que le pivot annule — et ce qu’il n’annule pas. Même parfaite, une liaison pivot exerce une force (la réaction de l’axe) en général non nulle : c’est elle qui maintient l’axe. Ce qui est nul, c’est le moment de cette action par rapport à Δ\Delta. Il faut toujours le dire explicitement ; c’est tout l’intérêt du TMC scalaire : la réaction de l’axe, inconnue, disparaît de l’équation.

5Théorème scalaire du moment cinétique

Théorème — TMC scalaire pour un solide. Dans un référentiel galiléen, pour un solide en rotation autour d’un axe Δ\Delta fixe dans ce référentiel, de moment d’inertie JΔJ_\Delta constant :

  ⁣dLΔ ⁣dt=JΔ θ¨=∑kMΔ(F⃗k ext) \boxed{\ \frac{\dd L_\Delta}{\dd t}=J_\Delta\,\ddot\theta=\sum_k\mathcal{M}_\Delta\bigl(\vv{F}_k^{\,\text{ext}}\bigr)\ }

la somme ne portant que sur les forces extérieures (le moment résultant des forces intérieures à un solide est nul : admis) ; un couple extérieur Γ\Gamma contribue pour Γ\Gamma.

Méthode — mise en équation. (i) définir le système, le référentiel galiléen et orienter Δ\Delta ; (ii) écrire LΔ=JΔθ˙L_\Delta=J_\Delta\dot\theta ; (iii) bilan des moments par rapport à Δ\Delta des forces extérieures, en annonçant ceux qui sont nuls et pourquoi ; (iv) écrire JΔθ¨=∑MΔJ_\Delta\ddot\theta=\sum\mathcal{M}_\Delta et ordonner.

AttentionL’erreur fatale du chapitre

La deuxième loi de Newton ne donne pas l’équation du mouvement d’un solide en rotation : elle ne renseigne que sur le mouvement de GG, souvent immobile (volant) ou imposé par la liaison. L’équation s’obtient par le TMC scalaire, ou de façon équivalente par le TEC.

6Énergie cinétique, puissance d’un couple, théorème de l’énergie cinétique

Théorème — énergie cinétique de rotation.  Ec=12 JΔ ω2 \boxed{\ E_\text{c}=\frac12\,J_\Delta\,\omega^{2}\ } Démonstration. Ec=∑i12mivi2=∑i12miri2ω2=12(∑imiri2)ω2E_\text{c}=\sum_i\frac12 m_iv_i^{2}=\sum_i\frac12 m_ir_i^{2}\omega^{2}=\frac12\bigl(\sum_i m_ir_i^{2}\bigr)\omega^{2}, ω\omega étant commune à tous les points.

Théorème — puissance d’un couple.  P=Γ ω \boxed{\ \mathcal{P}=\Gamma\,\omega\ } (en W{\mathrm{W}}), et plus généralement P=MΔ(F⃗) ω\mathcal{P}=\mathcal{M}_\Delta(\vv{F})\,\omega. Un couple de frottement fluide a une puissance P=−fω2⩽0\mathcal{P}=-f\omega^{2}\leq 0 : il dissipe toujours. Celle de la réaction d’un pivot parfait est nulle.

Théorème — TEC et équivalence avec le TMC.  ⁣dEc ⁣dt=(∑kMΔ(F⃗k))ω\dfrac{\dd E_\text{c}}{\dd t}=\bigl(\sum_k\mathcal{M}_\Delta(\vv{F}_k)\bigr)\omega, soit ΔEc=∑kWk\Delta E_\text{c}=\sum_k W_k avec W=∫MΔ  ⁣dθW=\int\mathcal{M}_\Delta\,\dd\theta. Équivalence (exigible). En dérivant Ec=12JΔθ˙2E_\text{c}=\frac12 J_\Delta\dot\theta^{2} :  ⁣dEc ⁣dt=JΔθ˙ θ¨=(JΔθ¨)ω\dfrac{\dd E_\text{c}}{\dd t}=J_\Delta\dot\theta\,\ddot\theta=\bigl(J_\Delta\ddot\theta\bigr)\omega. Le TEC est le TMC multiplié par ω\omega ; réciproquement on divise par ω≠0\omega\neq 0 : pour un solide en rotation autour d’un axe fixe, les deux théorèmes sont équivalents. On préfère le TEC si les forces sont conservatives ou de travail connu, le TMC pour l’équation différentielle.

Remarque — exemple : couple constant. Un moteur de couple Γ=100 N⋅m\Gamma={100\,\mathrm{N}{\cdot}\mathrm{m}} entraîne par un pivot parfait un rotor de moment d’inertie J=0,50 kg⋅m2J={0{,}50\,\mathrm{kg}{\cdot}\mathrm{m}^{2}} : le TMC donne Jθ¨=ΓJ\ddot\theta=\Gamma, donc ω˙=Γ/J=200 rad⋅s−2\dot\omega=\Gamma/J={200\,\mathrm{rad}{\cdot}\mathrm{s}^{-2}} et ω\omega croît linéairement. À ω=300 rad⋅s−1\omega={300\,\mathrm{rad}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} (atteinte en 1,5 s{1{,}5\,\mathrm{s}}) : P=Γω=30 kW\mathcal{P}=\Gamma\omega={30\,\mathrm{kW}} et Ec=12Jω2=22,5 kJE_\text{c}=\frac12J\omega^{2}={22{,}5\,\mathrm{kJ}}.

7Le pendule pesant

Définition. Un pendule pesant est un solide mobile autour d’un axe horizontal fixe Δ\Delta ne passant pas par son centre de masse GG. On note d=HG>0d=HG>0 la distance de GG à l’axe, JJ le moment d’inertie par rapport à Δ\Delta (fourni), θ\theta l’angle entre HG→\vect{HG} et la verticale descendante.

Théorème — équation du mouvement. Le poids s’applique au centre de masse : son moment par rapport à Δ\Delta vaut −mgdsin⁡θ-mgd\sin\theta (bras de levier d∣sin⁡θ∣d\abs{\sin\theta}, signe de rappel) ; celui de la liaison pivot, supposée parfaite, est nul. Le TMC scalaire donne

 J θ¨=−m g d sin⁡θ soitθ¨+ω02sin⁡θ=0,ω0=m g dJ.\boxed{\ J\,\ddot\theta=-m\,g\,d\,\sin\theta\ }\qquad\text{soit}\qquad \ddot\theta+\omega_0^{2}\sin\theta=0,\qquad \omega_0=\sqrt{\frac{m\,g\,d}{J}}.

Théorème — petites oscillations, longueur équivalente. Pour ∣θ∣≪1\abs{\theta}\ll 1, sin⁡θ≃θ\sin\theta\simeq\theta : l’oscillateur est harmonique et

 T0=2πω0=2πJm g d=2πℓeqg , ℓeq=Jm d \boxed{\ T_0=\frac{2\pi}{\omega_0}=2\pi\sqrt{\frac{J}{m\,g\,d}}=2\pi\sqrt{\frac{\ell_\text{eq}}{g}}\ },\qquad \boxed{\ \ell_\text{eq}=\frac{J}{m\,d}\ }

ℓeq\ell_\text{eq} est la longueur équivalente : le pendule pesant bat comme le pendule simple de longueur ℓeq\ell_\text{eq}. La période ne vaut ni 2πd/g2\pi\sqrt{d/g} ni 2πℓ/g2\pi\sqrt{\ell/g} pour une longueur ℓ\ell quelconque du solide ; tige d’axe extrémité : ℓeq=23ℓ\ell_\text{eq}=\frac23\ell.

Théorème — intégrale première. En multipliant l’équation par θ˙\dot\theta : Jθ˙θ¨+mgd θ˙sin⁡θ= ⁣d ⁣dt[12Jθ˙2−mgdcos⁡θ]=0J\dot\theta\ddot\theta+mgd\,\dot\theta\sin\theta=\dfrac{\dd}{\dd t}\Bigl[\frac12 J\dot\theta^{2}-mgd\cos\theta\Bigr]=0, donc, avec Ep=0E_\text{p}=0 en bas,

 12 J θ˙2+m g d (1−cos⁡θ)=Em=cte \boxed{\ \frac12\,J\,\dot\theta^{2}+m\,g\,d\,(1-\cos\theta)=E_\text{m}=\text{cte}\ }

L’intégrale première du mouvement est la conservation de l’énergie mécanique. Lâché sans vitesse de θ0\theta_0 :

θ˙2=2 ω02(cos⁡θ−cos⁡θ0),∣θ˙∣max⁡=2 ω0sin⁡θ02(atteint en θ=0).\dot\theta^{2}=2\,\omega_0^{2}(\cos\theta-\cos\theta_0),\qquad \abs{\dot\theta}_{\max}=2\,\omega_0\sin\frac{\theta_0}{2}\quad\text{(atteint en }\theta=0).

Théorème — portrait de phase. Les trajectoires de phase sont les courbes d’équation θ˙2/ω02=2cos⁡θ+cte\dot\theta^{2}/\omega_0^{2}=2\cos\theta+\text{cte}. En posant E∗=2mgdE^{*}=2mgd (énergie de la position haute) :

  • Em<E∗E_\text{m}<E^{*} : courbes fermées autour de (0,0)(0,0), qui est un centre — le pendule oscille entre ±θ0\pm\theta_0 ;
  • Em=E∗E_\text{m}=E^{*} : la séparatrice θ˙=±2ω0cos⁡(θ/2)\dot\theta=\pm2\omega_0\cos(\theta/2), joignant les points selles (±π,0)(\pm\pi,0) (équilibres instables) : le pendule tend vers la position haute sans l’atteindre, en un temps infini ;
  • Em>E∗E_\text{m}>E^{*} : courbes ouvertes, θ˙\dot\theta de signe constant — régime révolutif.

Lancé de la position basse avec θ˙0\dot\theta_0, le pendule fait donc le tour si et seulement si  ∣θ˙0∣>2 ω0 \boxed{\ \abs{\dot\theta_0}>2\,\omega_0\ }

Théorème — non-isochronisme. La période exacte dépend de l’amplitude :

 T(θ0)=T0(1+θ0216+11 θ043072+⋯ ) (θ0 en radians).\boxed{\ T(\theta_0)=T_0\left(1+\frac{\theta_0^{2}}{16}+\frac{11\,\theta_0^{4}}{3072}+\cdots\right)\ }\qquad(\theta_0\text{ en radians}).

Le pendule pesant n’est pas isochrone : il est d’autant plus lent que l’amplitude est grande (+0,19 %+0{,}19\,\% à 10∘{10^{\circ}}, +0,43 %+0{,}43\,\% à 15∘{15^{\circ}}, +0,77 %+0{,}77\,\% à 20∘{20^{\circ}}, +1,7 %+1{,}7\,\% à 30∘{30^{\circ}}, +7,3 %+7{,}3\,\% à 60∘{60^{\circ}} ; T→+∞T\to+\infty si θ0→π\theta_0\to\pi). L’isochronisme de Galilée n’est qu’une propriété de l’approximation linéaire : une horloge à balancier doit travailler à amplitude faible et constante.

Propriété — frottements : l’énergie mécanique décroît. Avec un pivot imparfait, Jθ¨=−mgdsin⁡θ−fθ˙J\ddot\theta=-mgd\sin\theta-f\dot\theta ; en multipliant par θ˙\dot\theta,  ⁣dEm ⁣dt=−f θ˙2⩽0\dfrac{\dd E_\text{m}}{\dd t}=-f\,\dot\theta^{2}\leq 0 : EmE_\text{m} décroît, strictement dès que le pendule bouge. Les oscillations s’amortissent, le pendule s’immobilise en θ=0\theta=0, et la trajectoire de phase est une spirale convergeant vers l’origine. Aux petites oscillations on retrouve l’oscillateur amorti du chapitre 5, de facteur de qualité Q=Jω0/fQ=J\omega_0/f.

Figure 2 — Pendule pesant : d=HGd=HG, θ\theta compté depuis la verticale descendante.

Figure 3 — Portrait de phase : courbes fermées (oscillations), séparatrice θ˙=±2ω0cos⁡(θ/2)\dot\theta=\pm2\omega_0\cos(\theta/2), courbes ouvertes (révolution).

8Capacité numérique : mettre en évidence le non-isochronisme

Méthode — intégration pas à pas. On écrit θ¨=−ω02sin⁡θ\ddot\theta=-\omega_0^{2}\sin\theta comme un système du premier ordre sur (θ,θ˙)(\theta,\dot\theta). Le schéma d’Euler semi-implicite — vitesse d’abord, puis position avec la vitesse actualisée — conserve l’énergie, alors qu’Euler explicite la fait dériver et fausse la période. Deux changements de signe consécutifs de θ\theta sont séparés d’une demi-période.

import numpy as np
w0, h = 1.0, 1.0e-4                      # pulsation propre, pas de temps
def periode(th0):                        # lache sans vitesse depuis th0
    th, thp, t, pas = th0, 0.0, 0.0, []  # Euler semi-implicite :
    while len(pas) < 2:                  # vitesse d'abord, puis position
        thp, th2 = thp - h * w0**2 * np.sin(th), th + h * thp
        if th * th2 < 0: pas.append(t)   # passage par theta = 0
        th, t = th2, t + h
    return 2 * (pas[1] - pas[0])         # deux passages = T/2
print([periode(np.radians(a)) / (2 * np.pi / w0) for a in [5, 20, 45, 90]])
Savoir-faireDémonstrations exigibles et savoir-faire
  • Distinguer solide et système déformable ; reconnaître translation rectiligne, translation circulaire, rotation ; v=rωv=r\omega et conversions tour⋅min−1{\mathrm{tour}{\cdot}\mathrm{min}^{-1}} ↔\leftrightarrow rad⋅s−1{\mathrm{rad}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} ↔\leftrightarrow Hz{\mathrm{Hz}}. Définir couple et liaison pivot, justifier la nullité du moment d’un pivot parfait.
  • Établir LΔ=JΔωL_\Delta=J_\Delta\omega et Ec=12JΔω2E_\text{c}=\frac12J_\Delta\omega^{2} par additivité ; relier qualitativement JΔJ_\Delta à la répartition des masses ; TMC scalaire : mise en équation (pendule pesant, treuil, volant entraîné, poulie et masse suspendue, freinage) ; équivalence TMC ↔\leftrightarrow TEC ; P=Γω\mathcal{P}=\Gamma\omega ;  ⁣dEm/ ⁣dt=−fθ˙2\dd E_\text{m}/\dd t=-f\dot\theta^{2}.
  • Pendule pesant : équation, T0T_0 et ℓeq\ell_\text{eq}, intégrale première, ∣θ˙∣max⁡\abs{\dot\theta}_{\max}, condition de révolution, portrait de phase, non-isochronisme.
FormulaireLes relations à connaître par cœur
  • ω=θ˙\omega=\dot\theta ; v(M)=r∣ω∣v(M)=r\abs{\omega} avec rr distance à l’axe ; ω=2πn/60\omega=2\pi n/60 pour nn en tour⋅min−1{\mathrm{tour}{\cdot}\mathrm{min}^{-1}} ; JΔ=∑imiri2J_\Delta=\sum_i m_ir_i^{2} (fourni pour un solide continu) ; LΔ=JΔωL_\Delta=J_\Delta\omega ; Ec=12JΔω2E_\text{c}=\frac12J_\Delta\omega^{2}.
  • TMC scalaire : JΔθ¨=∑kMΔ(F⃗k ext)J_\Delta\ddot\theta=\sum_k\mathcal{M}_\Delta(\vv{F}^{\,\text{ext}}_k) (R\mathcal{R} galiléen, Δ\Delta fixe, JΔJ_\Delta constant) ; TEC == TMC × ω\times\,\omega.
  • P=Γω\mathcal{P}=\Gamma\omega ; pivot parfait : MΔ=0\mathcal{M}_\Delta=0, P=0\mathcal{P}=0 ; frottement fluide : Γ=−fω\Gamma=-f\omega, P=−fω2\mathcal{P}=-f\omega^{2} ;  ⁣dEm/ ⁣dt=−fθ˙2\dd E_\text{m}/\dd t=-f\dot\theta^{2}.
  • Pendule pesant : Jθ¨=−mgdsin⁡θJ\ddot\theta=-mgd\sin\theta ; ω0=mgd/J\omega_0=\sqrt{mgd/J} ; T0=2πJ/(mgd)=2πℓeq/gT_0=2\pi\sqrt{J/(mgd)}=2\pi\sqrt{\ell_\text{eq}/g}, ℓeq=J/(md)\ell_\text{eq}=J/(md).
  • Intégrale première : 12Jθ˙2+mgd(1−cos⁡θ)=Em\frac12J\dot\theta^{2}+mgd(1-\cos\theta)=E_\text{m} ; ∣θ˙∣max⁡=2ω0sin⁡(θ0/2)\abs{\dot\theta}_{\max}=2\omega_0\sin(\theta_0/2) ; révolution si ∣θ˙0∣>2ω0\abs{\dot\theta_0}>2\omega_0.
  • Non-isochronisme : T=T0(1+θ02/16+11θ04/3072+⋯ )T=T_0\bigl(1+\theta_0^{2}/16+11\theta_0^{4}/3072+\cdots\bigr), +0,77 %+0{,}77\,\% à 20∘{20^{\circ}}. Repères : roue de vélo J≈0,1 kg⋅m2J\approx{0{,}1\,\mathrm{kg}{\cdot}\mathrm{m}^{2}} ; moteur Γ≈100 N⋅m\Gamma\approx{100\,\mathrm{N}{\cdot}\mathrm{m}}, ω≈300 rad⋅s−1\omega\approx{300\,\mathrm{rad}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}, P=30 kW\mathcal{P}={30\,\mathrm{kW}}.
Pièges
  • Appliquer la deuxième loi de Newton pour obtenir l’équation du mouvement d’un solide en rotation : c’est le TMC scalaire (ou le TEC) qu’il faut. Oublier de dire que le moment de l’action du pivot est nul parce que la liaison est parfaite — ou croire que la force de liaison est nulle.
  • Écrire Ec=12mv2E_\text{c}=\frac12mv^{2} pour un solide en rotation ; confondre JJ et mm ; prendre pour rr la distance à un point de l’axe ; confondre ω\omega (rad⋅s−1{\mathrm{rad}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}), ff (Hz{\mathrm{Hz}}) et nn (tour⋅min−1{\mathrm{tour}{\cdot}\mathrm{min}^{-1}}).
  • Utiliser T0=2πℓ/gT_0=2\pi\sqrt{\ell/g} (pendule simple) au lieu de 2πJ/(mgd)2\pi\sqrt{J/(mgd)} ; calculer le moment du poids ailleurs qu’au centre de masse ; oublier le bras de levier dsin⁡θd\sin\theta.
  • Supposer l’isochronisme aux grandes amplitudes ; traiter un solide dont l’axe est mobile (cylindre qui roule, yo-yo) : hors programme ; utiliser LΔ=JΔωL_\Delta=J_\Delta\omega pour un déformable.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : translation et rotation, v=rωv=r\omega, moment d’inertie, théorème scalaire du moment cinétique, pendule pesant

12 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 h 30calculatrice autorisée

  1. Solide, translation, rotationDifficulté 1 sur 3
  2. Vitesses dans un solide en rotationDifficulté 1 sur 3
  3. Moment d’inertie et répartition des massesDifficulté 1 sur 3
  4. Une roue de vélo lancée puis freinéeDifficulté 1 sur 3
  5. Couple et puissance d’un moteurDifficulté 1 sur 3
  6. Le treuilDifficulté 2 sur 3
  7. Le pendule pesant : une tigeDifficulté 2 sur 3
  8. Une liaison pivot qui n’est pas parfaiteDifficulté 2 sur 3
  9. Intégrale première du pendule pesantDifficulté 2 sur 3
  10. La tige lâchée horizontalementDifficulté 1 sur 3
  11. Poulie et masse suspendueDifficulté 2 sur 3
  12. Deux théorèmes, une seule équationDifficulté 1 sur 3
2

Exercices d'application

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Mise en œuvre : régimes transitoires de rotation, pendules composés, portrait de phase, non-isochronisme

9 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 3 hcalculatrice autorisée

  1. Le manège et son moteurDifficulté 2 sur 3
  2. Un pendule pesant composéDifficulté 2 sur 3
  3. Un volant d’inertie pour stocker de l’énergieDifficulté 2 sur 3
  4. Machine d’Atwood avec poulie massiveDifficulté 2 sur 3
  5. Mesurer gg avec un pendule pesant non isochroneDifficulté 2 sur 3
  6. Le pendule de torsionDifficulté 2 sur 3
  7. Où placer la masse ? Le réglage d’un métronomeDifficulté 2 sur 3
  8. Lecture d’un portrait de phaseDifficulté 2 sur 3
  9. Le ferme-porteDifficulté 2 sur 3
3

Interrogation A

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Rotation autour d’un axe fixe, moment d’inertie, théorème scalaire du moment cinétique, pendule pesant

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. La barrière de passage à niveau7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. L’essorage d’une machine à laver7 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Interrogation B

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Moment cinétique d’un système en rotation, bilans énergétiques, pendule pesant aux grandes amplitudes

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours5 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Un embrayage8 ptsDifficulté 3 sur 3
  3. Un pendule pesant lancé fort7 ptsDifficulté 2 sur 3
5

Approfondissement

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Sept problèmes pour aller au bout du solide en rotation

7 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 4 hcalculatrice autorisée

  1. La période exacte du pendule pesantDifficulté 3 sur 3
  2. D’où viennent les moments d’inertie, et comment mesurer ggDifficulté 3 sur 3
  3. Un pendule amorti par frottement solideDifficulté 3 sur 3
  4. Le tabouret tournant : quand JJ varieDifficulté 3 sur 3
  5. Un pendule inversé : stabilité et bifurcationDifficulté 3 sur 3
  6. Capacité numérique : simuler le pendule pesantDifficulté 3 sur 3
  7. Un oscillateur de torsion forcéDifficulté 3 sur 3
6

DS type concours

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Une éolienne : du démarrage au freinage, et la pesée d’une pale

Durée : 3 hcalculatrice autorisée3 parties22 questionsbarème indicatif sur 20

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Planche de colle

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Une question de cours et quatre exercices d’oral

1 question de cours4 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 3 sur 3environ 20 min{20\,\mathrm{min}} par exercice

  1. Question de coursDifficulté 1 sur 3
  2. Le tour de potierDifficulté 1 sur 3
  3. La trappeDifficulté 2 sur 3
  4. La barrière de parkingDifficulté 2 sur 3
  5. Un pendule pesant entraîné par un couple constantDifficulté 3 sur 3

Prépa · Physique-chimie : les 26 chapitres

  1. Mesures et incertitudes
  2. Optique géométrique
  3. Circuits dans l’ARQS
  4. Circuits du premier ordre
  5. Oscillateurs libres et forcés
  6. Filtrage linéaire
  7. Propagation et interférences
  8. Cinématique du point
  9. Lois de Newton
  10. Énergétique du point
  11. Particules chargées
  12. Transformations de la matière
  13. Cinétique chimique
  14. Structure des entités chimiques
  15. Moment cinétique et forces centrales
  16. Mouvement d’un solide
  17. Système thermodynamique
  18. Premier principe
  19. Deuxième principe
  20. Machines thermiques
  21. Champ magnétique et forces de Laplace
  22. Induction
  23. Physique quantique
  24. Solides cristallins
  25. Acide-base et précipitation
  26. Oxydo-réduction et diagrammes E-pH