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MPSI · Physique-chimie · Ondes et signaux · Chapitre 21

Champ magnétique et forces de Laplace

Fiche de cours12 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Sources de champ magnétique, ordres de grandeur

Définition. Le champ magnétique B⃗\vv{B} est le champ vectoriel qui, en chaque point de l’espace, traduit l’action magnétique subie par une charge en mouvement (F⃗=q v⃗∧B⃗\vv{F}=q\,\vv{v}\wedge\vv{B}, chapitre 11) ou par un courant (force de Laplace, ci-dessous). Il s’exprime en teslas (T{\mathrm{T}}), avec T=kg⋅A−1⋅s−2{\mathrm{T}}={\mathrm{kg}{\cdot}\mathrm{A}^{-1}{\cdot}\mathrm{s}^{-2}}.

Propriété — les deux sources. Un champ magnétique est créé par des courants électriques (circuits, bobines, électroaimants) ou par des aimants permanents — qui sont eux aussi, à l’échelle microscopique, des assemblées de courants élémentaires. Il n’existe pas de « charge magnétique » : on ne peut pas isoler un pôle nord.

Notation. Expressions fournies. Calculer B⃗\vv{B} à partir de ses sources est hors programme : les expressions ci-dessous sont toujours données, on se contente de les exploiter. μ0=4π×10−7 H⋅m−1\mu_0=4\pi\times10^{-7}\ {\mathrm{H}{\cdot}\mathrm{m}^{-1}} est la perméabilité du vide.

DistributionChampApplication numérique
fil rectiligne infini, à la distance rrB=μ0I2πrB=\dfrac{\mu_0 I}{2\pi r}I=10 AI={10\,\mathrm{A}}, r=5,0 cmr={5{,}0\,\mathrm{cm}} : B=4,0×10−5 TB={4{,}0\times10^{-5}\,\mathrm{T}}
centre d’une bobine plate de NN spires de rayon RRB=μ0NI2RB=\dfrac{\mu_0 N I}{2R}R=5,0 cmR={5{,}0\,\mathrm{cm}}, I=1,0 AI={1{,}0\,\mathrm{A}} : 1,3×10−5 T{1{,}3\times10^{-5}\,\mathrm{T}} si N=1N=1, 1,3 mT{1{,}3\,\mathrm{mT}} si N=100N=100
axe d’une spire, à la distance zzB(z)=μ0I2RR3(R2+z2)3/2B(z)=\dfrac{\mu_0 I}{2R}\dfrac{R^{3}}{(R^{2}+z^{2})^{3/2}}décroît en 1/z31/z^{3} pour z≫Rz\gg R
intérieur d’une bobine longue (nn spires par mètre)B=μ0 n IB=\mu_0\,n\,I (nul à l’extérieur)n=1 000 m−1n={1\,000\,\mathrm{m}^{-1}}, I=1,0 AI={1{,}0\,\mathrm{A}} : B=1,3 mTB={1{,}3\,\mathrm{mT}}
axe d’un aimant de moment mm, à la distance zzB=μ0 m2πz3B=\dfrac{\mu_0\,m}{2\pi z^{3}}m=0,10 A⋅m2m={0{,}10\,\mathrm{A}{\cdot}\mathrm{m}^{2}}, z=5,0 cmz={5{,}0\,\mathrm{cm}} : B=1,6×10−4 TB={1{,}6\times10^{-4}\,\mathrm{T}}
Exempleles ordres de grandeur à citer

Champ terrestre ≈5×10−5 T\approx{5\times10^{-5}\,\mathrm{T}} (composante horizontale ≈2×10−5 T\approx{2\times10^{-5}\,\mathrm{T}} en France) ; fil domestique (1 A{1\,\mathrm{A}} à 1 cm{1\,\mathrm{cm}}) ≈2×10−5 T\approx{2\times10^{-5}\,\mathrm{T}} ; bobine de TP 1 {1\,} à 10 mT{10\,\mathrm{mT}} ; aimant permanent 0,1 {0{,}1\,} à 1 T{1\,\mathrm{T}} ; électroaimant ≈1 T\approx{1\,\mathrm{T}} ; IRM 1 {1\,} à 3 T{3\,\mathrm{T}} ; aimant supraconducteur ≈20 T\approx{20\,\mathrm{T}} ; milieu interstellaire ≈10−10 T\approx{10^{-10}\,\mathrm{T}}.

Attentionun champ, deux rôles

Distinguer en permanence le champ extérieur subi B⃗ext\vv{B}_{\text{ext}}, créé par les autres sources, et le champ propre créé par le circuit étudié : seul le champ extérieur intervient dans la force de Laplace — un circuit ne s’exerce pas de force sur lui-même dans ce cadre.

2Cartes de champ : lire et tracer

Propriété — lignes de champ. Une ligne de champ est une courbe tangente en chacun de ses points à B⃗\vv{B}, orientée dans le sens de B⃗\vv{B}. Les lignes de champ magnétique sont toujours fermées (elles n’ont ni source ni puits : contrairement au champ électrique, elles ne partent pas d’un pôle pour mourir sur l’autre ; elles traversent l’aimant ou la bobine).

Méthode — lire une carte de champ. (i) Là où les lignes sont parallèles et équidistantes, le champ est uniforme ; (ii) là où elles se resserrent, le champ est plus intense ; là où elles s’écartent, il est plus faible ; (iii) les sources sont les régions autour desquelles les lignes s’enroulent, là où le champ est le plus intense ; (iv) deux lignes de champ ne se croisent jamais, sauf en un point où B⃗=0⃗\vv{B}=\vv{0}.

Figure 1 — Fil infini : cercles centrés sur le fil, B∝1/rB\propto 1/r.

Figure 2 — Spire : lignes fermées enlacant le fil, champ maximal au centre et le long de l’axe.

Figure 3 — Bobine longue : champ quasi uniforme à l’intérieur, faible à l’extérieur. Carte identique à celle d’un aimant droit.

Propriété — l’aimant droit et le solénoïde. Les deux cartes sont identiques. On appelle pôle nord la face par laquelle les lignes sortent de l’aimant, pôle sud celle par laquelle elles rentrent : à l’intérieur de l’aimant, les lignes vont du sud vers le nord.

Méthode — produire un champ quasi uniforme. Une bobine longue (ℓ≫R\ell\gg R), dans sa partie centrale : B=μ0nIB=\mu_0 nI à quelques pour cent près ; ou deux bobines de Helmholtz (rayon RR, même axe, distantes de RR), où B=(45)3/2μ0NI/RB=\left(\frac45\right)^{3/2}\mu_0NI/R au milieu, uniforme au second ordre près ; ou l’entrefer d’un aimant en U.

3Symétries et invariances des sources

Méthode — exploiter les symétries. On admet les règles suivantes, qui portent sur la distribution de courants :

  • Invariances. Si la distribution est invariante par translation selon OzOz, B⃗\vv{B} ne dépend pas de zz ; si elle est invariante par rotation autour de OzOz, B⃗\vv{B} ne dépend pas de θ\theta. On cherche les invariances avant tout calcul : elles réduisent le nombre de variables.
  • Plan de symétrie Π\Pi (les courants sont inchangés par la réflexion) : en tout point de Π\Pi, B⃗\vv{B} est orthogonal à Π\Pi — à l’envers du champ électrique : c’est la conséquence du produit vectoriel.
  • Plan d’antisymétrie Π∗\Pi^{*} (la réflexion renverse les courants) : en tout point de Π∗\Pi^{*}, B⃗\vv{B} est contenu dans Π∗\Pi^{*}.

Remarque — fil rectiligne infini. Invariance par translation selon OzOz et par rotation autour de OzOz : B⃗=B⃗(r)\vv{B}=\vv{B}(r). Tout plan contenant le fil est un plan de symétrie, donc B⃗\vv{B} lui est orthogonal : B⃗=B(r) u⃗θ\vv{B}=B(r)\,\vv{u}_\theta. Les lignes de champ sont des cercles d’axe le fil (figure 1) — et l’on a obtenu cela sans aucun calcul.

4Flux magnétique et conservation du flux

Définition. Le flux de B⃗\vv{B} à travers une surface orientée SS de normale unitaire n⃗\vv{n} est Φ=∬SB⃗⋅n⃗  ⁣dS\Phi=\iint_S\vv{B}\cdot\vv{n}\,\dd S, soit, pour un champ uniforme et une surface plane d’aire SS,

 Φ=B⃗⋅S⃗=B Scos⁡α S⃗=Sn⃗,α=(n⃗,B⃗),Φ en webers (Wb=T⋅m2).\boxed{\ \Phi=\vv{B}\cdot\vv{S}=B\,S\cos\alpha\ }\qquad \vv{S}=S\vv{n},\quad\alpha=(\vv{n},\vv{B}),\quad \Phi\ \text{en \cle{webers}}\ ({\mathrm{Wb}}={\mathrm{T}{\cdot}\mathrm{m}^{2}}).
Attentionorienter avant de calculer

Un flux n’a de signe qu’une fois le contour orienté ; la normale n⃗\vv{n} s’en déduit par la règle de la main droite, et changer l’orientation change le signe de Φ\Phi. Pour NN spires accolées, Φ=N B Scos⁡α\Phi=N\,B\,S\cos\alpha.

Théorème — conservation du flux magnétique. Le flux de B⃗\vv{B} à travers toute surface fermée est nul. Il en résulte deux conséquences utilisées en permanence :

  • le flux à travers toute surface s’appuyant sur un même contour fermé orienté est le même : on peut choisir la surface la plus commode, en général la surface plane ;
  • le flux est constant le long d’un tube de champ : si la section d’un tube passe de S1S_1 à S2S_2, alors B1S1=B2S2B_1S_1=B_2S_2. Un resserrement des lignes signifie donc un champ plus intense — c’est la justification de la règle de lecture des cartes.

5Moment magnétique

Définition. Une boucle de courant plane, d’aire SS, parcourue par le courant II et orientée par la normale n⃗\vv{n} déduite du sens du courant par la règle de la main droite, possède le moment magnétique

 m⃗=I S n⃗=I S⃗ (A⋅m2).\boxed{\ \vv{m}=I\,S\,\vv{n}=I\,\vv{S}\ }\qquad ({\mathrm{A}{\cdot}\mathrm{m}^{2}}).

Pour une bobine plate de NN spires, m⃗=N I S⃗\vv{m}=N\,I\,\vv{S}. m⃗\vv{m} ne dépend que du courant et de la surface, pas de la forme du contour.

Définition. Par analogie, on associe à un aimant un moment magnétique m⃗\vv{m}, dirigé du pôle sud vers le pôle nord de l’aimant (donc dans le sens du champ qu’il crée en son centre). Ordres de grandeur : aiguille de boussole ou petit aimant de TP ≈0,1 A⋅m2\approx{0{,}1\,\mathrm{A}{\cdot}\mathrm{m}^{2}} ; aimant de haut-parleur ≈1 A⋅m2\approx{1\,\mathrm{A}{\cdot}\mathrm{m}^{2}} ; bobine plate de TP (N=500N=500, S=20 cm2S={20\,\mathrm{cm}^{2}}, I=1 AI={1\,\mathrm{A}}) : m=1 A⋅m2m={1\,\mathrm{A}{\cdot}\mathrm{m}^{2}}.

6Actions d’un champ magnétique extérieur uniforme

Définition. La force de Laplace subie par un élément de circuit filiforme  ⁣dℓ⃗\dd\vv{\ell}, orienté dans le sens du courant II, placé là où règne le champ extérieur B⃗\vv{B}, est

  ⁣dF⃗=I  ⁣dℓ⃗∧B⃗ \boxed{\ \dd\vv{F}=I\,\dd\vv{\ell}\wedge\vv{B}\ }

C’est la traduction macroscopique de la force de Lorentz subie par les porteurs de charge mobiles. Sa densité linéique est I u⃗ ⁣dℓ∧B⃗I\,\vv{u}_{\dd\ell}\wedge\vv{B}, en N⋅m−1{\mathrm{N}{\cdot}\mathrm{m}^{-1}}.

Théorème — résultante sur une portion de circuit dans un champ uniforme. Si B⃗\vv{B} est uniforme,

F⃗=∫I  ⁣dℓ⃗∧B⃗=I(∫ ⁣dℓ⃗)∧B⃗= I AB⃗∧B⃗ \vv{F}=\int I\,\dd\vv{\ell}\wedge\vv{B}=I\left(\int\dd\vv{\ell}\right)\wedge\vv{B} =\boxed{\ I\,\vv{AB}\wedge\vv{B}\ }

pour un circuit allant de AA à BB : la résultante ne dépend que des extrémités, pas de la forme du conducteur. En particulier, pour une barre rectiligne de longueur ℓ\ell, orientée par u⃗\vv{u} dans le sens du courant : F⃗=I ℓ u⃗∧B⃗\vv{F}=I\,\ell\,\vv{u}\wedge\vv{B}, de norme F=I ℓ B ∣sin⁡θ∣F=I\,\ell\,B\,\abs{\sin\theta} avec θ=(u⃗,B⃗)\theta=(\vv{u},\vv{B}). Et pour un circuit fermé, ∮ ⁣dℓ⃗=0⃗\oint\dd\vv{\ell}=\vv{0} donc F⃗=0⃗\vv{F}=\vv{0} : un champ uniforme ne peut pas déplacer un circuit fermé, il ne peut que le faire tourner.

Remarque — ordre de grandeur. I=2,0 AI={2{,}0\,\mathrm{A}}, ℓ=10 cm\ell={10\,\mathrm{cm}}, B=0,10 TB={0{,}10\,\mathrm{T}} orthogonal : F=20 mNF={20\,\mathrm{mN}}, le poids de 2 g{2\,\mathrm{g}}. Les forces de Laplace de laboratoire sont faibles ; un moteur compense par le nombre de spires et un fort champ d’entrefer.

Propriété — puissance des forces de Laplace. En translation, P=F⃗⋅v⃗\mathcal{P}=\vv{F}\cdot\vv{v} (soit IℓBvI\ell Bv pour une barre si F⃗\vv{F} et v⃗\vv{v} sont de même sens) ; en rotation autour d’un axe fixe, P=Γz ω\mathcal{P}=\Gamma_z\,\omega. Contrairement à la force magnétique sur une charge, la force de Laplace travaille : c’est tout l’intérêt de l’effet moteur.

Théorème — couple sur un circuit plan dans un champ uniforme. Un circuit plan de moment magnétique m⃗\vv{m}, placé dans un champ extérieur uniforme B⃗\vv{B}, subit une résultante nulle et un couple de moment

 Γ⃗=m⃗∧B⃗ (N⋅m),Γ=m B ∣sin⁡θ∣  avec  θ=(m⃗,B⃗).\boxed{\ \vv{\Gamma}=\vv{m}\wedge\vv{B}\ }\qquad({\mathrm{N}{\cdot}\mathrm{m}}),\qquad \Gamma=m\,B\,\abs{\sin\theta}\ \text{ avec }\ \theta=(\vv{m},\vv{B}).

Démonstration exigible (spire rectangulaire). Spire a×ba\times b, courant II, axe de rotation OzOz vertical passant par les milieux des côtés de longueur bb, champ B⃗=B u⃗x\vv{B}=B\,\vv{u}_x horizontal. On note θ\theta l’angle (m⃗,B⃗)(\vv{m},\vv{B}).

  • Les deux côtés de longueur aa sont parallèles à OzOz, donc orthogonaux à B⃗\vv{B} : ils subissent les forces ±IaB u⃗z∧u⃗x=±IaB u⃗y\pm IaB\,\vv{u}_z\wedge\vv{u}_x=\pm IaB\,\vv{u}_y, opposées et appliquées à la distance b2\frac b2 de l’axe : elles forment un couple, de bras de levier b2sin⁡θ\frac b2\sin\theta chacune, d’où Γ=2×IaB×b2sin⁡θ=I ab Bsin⁡θ=m Bsin⁡θ\Gamma=2\times IaB\times\frac b2\sin\theta=I\,ab\,B\sin\theta=m\,B\sin\theta avec m=Iabm=Iab.
  • Les deux côtés de longueur bb subissent des forces opposées portées par OzOz : résultante nulle et moment nul par rapport à OzOz, ils ne contribuent pas.
  • Le sens est celui qui ramène m⃗\vv{m} sur B⃗\vv{B}, d’où Γ⃗=m⃗∧B⃗\vv{\Gamma}=\vv{m}\wedge\vv{B}. Le résultat s’étend à un circuit plan quelconque par découpage en rectangles.

Propriété — énergie potentielle, positions d’équilibre. L’action d’un champ uniforme sur un dipôle magnétique dérive de l’énergie potentielle (expression fournie)

 Ep=−m⃗⋅B⃗=−m Bcos⁡θ etΓz=− ⁣dEp ⁣dθ=−m Bsin⁡θ.\boxed{\ E_p=-\vv{m}\cdot\vv{B}=-m\,B\cos\theta\ }\qquad\text{et}\qquad \Gamma_z=-\frac{\dd E_p}{\dd\theta}=-m\,B\sin\theta.

Les positions d’équilibre sont θ=0\theta=0 et θ=π\theta=\pi :

  • θ=0\theta=0 (m⃗\vv{m} parallèle à B⃗\vv{B}) : Ep=−mBE_p=-mB minimale, équilibre stable ;
  • θ=π\theta=\pi (m⃗\vv{m} antiparallèle) : Ep=+mBE_p=+mB maximale, équilibre instable.

Le couple aligne toujours le moment magnétique avec le champ : c’est le principe de la boussole, et la raison pour laquelle le pôle nord d’une aiguille indique le nord magnétique.

Propriété — petites oscillations d’une boussole. Pour un aimant de moment mm et de moment d’inertie JJ par rapport à son axe de rotation, le théorème du moment cinétique donne Jθ¨=−mBsin⁡θJ\ddot\theta=-mB\sin\theta, soit pour les petits angles θ¨+mBJθ=0\ddot\theta+\dfrac{mB}{J}\theta=0 :

 ω0=m BJ ,T0=2πJm B.\boxed{\ \omega_0=\sqrt{\frac{m\,B}{J}}\ },\qquad T_0=2\pi\sqrt{\frac{J}{m\,B}}.

Mesurer T0T_0 donne accès au produit mBmB : c’est une méthode usuelle de mesure du champ terrestre.

Remarque — aiguille de boussole. m=0,10 A⋅m2m={0{,}10\,\mathrm{A}{\cdot}\mathrm{m}^{2}}, aiguille de 1,0 g{1{,}0\,\mathrm{g}} et 3,0 cm{3{,}0\,\mathrm{cm}} (J=112ML2=7,5×10−8 kg⋅m2J=\frac1{12}ML^{2}={7{,}5\times10^{-8}\,\mathrm{kg}{\cdot}\mathrm{m}^{2}}), Bh=2,0×10−5 TB_h={2{,}0\times10^{-5}\,\mathrm{T}} : T0=1,2 sT_0={1{,}2\,\mathrm{s}}.

Figure 4 — Barre : F⃗=Iℓ u⃗∧B⃗\vv{F}=I\ell\,\vv{u}\wedge\vv{B}, orthogonale à la fois à la barre et au champ, de norme IℓBsin⁡θI\ell B\sin\theta.

Figure 5 — Cadre vu de dessus : résultante nulle, couple Γ⃗=m⃗∧B⃗\vv{\Gamma}=\vv{m}\wedge\vv{B} qui ramène m⃗\vv{m} vers B⃗\vv{B} ; Ep=−mBcos⁡θE_p=-mB\cos\theta est minimale en θ=0\theta=0.

7Les applications à connaître

Propriété — rails de Laplace, version « force ». Deux rails horizontaux distants de ℓ\ell reliés à un générateur de courant imposant II, une barre de masse MM en travers, un champ B⃗\vv{B} vertical : la barre subit F=BIℓF=BI\ell et accélère ; avec un frottement fluide −λv-\lambda v, v→v∞=BIℓ/λv\to v_\infty=BI\ell/\lambda. Le courant étant imposé, on traite le dispositif sans parler d’induction (chapitre 22).

Propriété — effet moteur. Un cadre de NN spires d’aire SS parcouru par II, mobile autour d’un axe orthogonal à B⃗\vv{B}, subit Γz=−NISBsin⁡θ\Gamma_z=-NISB\sin\theta : il tourne vers θ=0\theta=0 puis s’arrête. Un collecteur inverse le courant à chaque demi-tour, rendant le couple toujours moteur, de valeur moyenne ⟨Γ⟩=1π∫0πNISBsin⁡θ  ⁣dθ=2πNISB≈0,64 NISB\langle\Gamma\rangle=\frac1\pi\int_0^{\pi}NISB\sin\theta\,\dd\theta=\frac2\pi NISB\approx0{,}64\,NISB.

Propriété — haut-parleur électrodynamique. Une bobine de NN spires de rayon aa, collée à la membrane, est placée dans l’entrefer d’un aimant où le champ est radial de norme BB. Chaque élément subit alors une force axiale, et la résultante vaut F=B I ℓ\boxed{F=B\,I\,\ell} avec ℓ=N×2πa\ell=N\times2\pi a : elle est proportionnelle au courant, et la membrane reproduit le signal.

Propriété — champ tournant et effet moteur. Deux bobines de même centre, d’axes orthogonaux, alimentées en quadrature par Icos⁡(ωt)I\cos(\omega t) et Isin⁡(ωt)I\sin(\omega t), créent B⃗=B0(cos⁡(ωt)u⃗x+sin⁡(ωt)u⃗y)\vv{B}=B_0(\cos(\omega t)\vv{u}_x+\sin(\omega t)\vv{u}_y) : un champ de norme constante B0B_0 tournant à la vitesse angulaire ω\omega. Une aiguille aimantée au centre subit Γz=mB0sin⁡(ωt−θ)\Gamma_z=mB_0\sin(\omega t-\theta) : en régime permanent elle tourne à la même vitesse ω\omega, avec un retard δ\delta tel que mB0sin⁡δ=ΓreˊsmB_0\sin\delta=\Gamma_{\text{rés}} — c’est le moteur synchrone, qui décroche si Γreˊs>mB0\Gamma_{\text{rés}}>mB_0. Trois bobines à 120∘{120^{\circ}} en triphasé donnent un champ tournant d’amplitude 32B0\frac32 B_0.

Savoir-faireDémonstrations exigibles et savoir-faire du chapitre
  • Démonstrations : F⃗=IAB⃗∧B⃗\vv{F}=I\vv{AB}\wedge\vv{B} et nullité sur un circuit fermé ; couple sur une spire rectangulaire ; équilibres et stabilité par EpE_p ; ω0=mB/J\omega_0=\sqrt{mB/J} ; ⟨Γ⟩=2πNISB\langle\Gamma\rangle=\frac2\pi NISB ; champ tournant de norme constante ; B1S1=B2S2B_1S_1=B_2S_2.
  • Exploiter une carte de champ (sources, zones uniformes, champ faible, comparaison d’intensités) ; tracer de mémoire celles d’un aimant droit, d’une spire, d’une bobine longue ; prévoir direction et dépendances de B⃗\vv{B} par les symétries et invariances des courants ; évaluer un ordre de grandeur à partir d’une expression fournie.
  • Calculer un flux (contour orienté d’abord), un moment magnétique, une force de Laplace sur une barre, un couple sur un cadre, les puissances associées ; discuter les équilibres d’un dipôle ; mener l’étude mécanique d’un rail de Laplace, d’un moteur à cadre, d’un haut-parleur, d’un champ tournant.
FormulaireLes relations à connaître par cœur
  •  ⁣dF⃗=I  ⁣dℓ⃗∧B⃗\dd\vv{F}=I\,\dd\vv{\ell}\wedge\vv{B} ; champ uniforme : F⃗=I AB⃗∧B⃗\vv{F}=I\,\vv{AB}\wedge\vv{B}, nulle pour un circuit fermé ; barre : F=IℓBsin⁡θF=I\ell B\sin\theta ; P=F⃗⋅v⃗\mathcal{P}=\vv{F}\cdot\vv{v} ou Γz ω\Gamma_z\,\omega.
  • m⃗=NIS⃗\vv{m}=N I \vv{S} (A⋅m2{\mathrm{A}{\cdot}\mathrm{m}^{2}}) ; Γ⃗=m⃗∧B⃗\vv{\Gamma}=\vv{m}\wedge\vv{B} ; Ep=−m⃗⋅B⃗E_p=-\vv{m}\cdot\vv{B} ; Γz=− ⁣dEp/ ⁣dθ\Gamma_z=-\dd E_p/\dd\theta ; Φ=B⃗⋅S⃗=BScos⁡α\Phi=\vv{B}\cdot\vv{S}=BS\cos\alpha (Wb{\mathrm{Wb}}) ; B1S1=B2S2B_1S_1=B_2S_2 dans un tube de champ.
  • Boussole : ω0=mB/J\omega_0=\sqrt{mB/J}. Moteur à collecteur : ⟨Γ⟩=2πNISB\langle\Gamma\rangle=\frac2\pi NISB. Haut-parleur : F=BIℓF=BI\ell, ℓ=2πaN\ell=2\pi a N.
  • Expressions fournies : μ0I/2πr\mu_0I/2\pi r (fil), μ0I/2R\mu_0I/2R (centre d’une spire), μ0nI\mu_0 nI (bobine longue), μ0m/2πz3\mu_0m/2\pi z^{3} (axe d’un aimant) ; μ0=4π×10−7 H⋅m−1\mu_0=4\pi\times10^{-7}\ {\mathrm{H}{\cdot}\mathrm{m}^{-1}}.
  • Repères : Bterrestre≈5×10−5 TB_{\text{terrestre}}\approx{5\times10^{-5}\,\mathrm{T}} ; aimant 0,1 {0{,}1\,} à 1 T{1\,\mathrm{T}} ; IRM 1 {1\,} à 3 T{3\,\mathrm{T}} ; maimant de TP≈0,1 A⋅m2m_{\text{aimant de TP}}\approx{0{,}1\,\mathrm{A}{\cdot}\mathrm{m}^{2}}.
Pièges
  • Confondre le champ subi et le champ propre : seul le champ extérieur intervient dans  ⁣dF⃗=I ⁣dℓ⃗∧B⃗\dd\vv{F}=I\dd\vv{\ell}\wedge\vv{B}. Se tromper dans l’orientation de  ⁣dℓ⃗∧B⃗\dd\vv{\ell}\wedge\vv{B}, ou oublier que la force est nulle si le courant est parallèle au champ.
  • Croire que le couple amène m⃗\vv{m} contre B⃗\vv{B} : il l’aligne avec (Ep=−m⃗⋅B⃗E_p=-\vv{m}\cdot\vv{B} minimale). Chercher à déplacer un circuit fermé avec un champ uniforme : la résultante est nulle, seul le couple existe.
  • Dessiner des lignes de champ ouvertes, comme pour un champ électrique : elles sont fermées et traversent l’aimant. Calculer un flux sans avoir orienté le contour, ou oublier le facteur NN ; oublier l’unité de m⃗\vv{m} (A⋅m2{\mathrm{A}{\cdot}\mathrm{m}^{2}}, pas T{\mathrm{T}}). Vouloir calculer B⃗\vv{B} (Biot et Savart, Ampère) : hors programme. Parler de f.é.m. induite : c’est le chapitre 22, ici le courant est toujours imposé.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : ordres de grandeur, cartes de champ, flux, moment magnétique, force et couple de Laplace

11 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hcalculatrice autorisée

  1. Homogénéité et ordres de grandeurDifficulté 1 sur 3
  2. Lire une carte de champDifficulté 1 sur 3
  3. Symétries et invariancesDifficulté 1 sur 3
  4. Flux magnétique à travers un cadreDifficulté 1 sur 3
  5. Moments magnétiquesDifficulté 1 sur 3
  6. Force de Laplace sur une barreDifficulté 1 sur 3
  7. Un conducteur en demi-cercleDifficulté 2 sur 3
  8. Couple sur un cadre rectangulaireDifficulté 2 sur 3
  9. Un dipôle magnétique dans un champ uniformeDifficulté 2 sur 3
  10. La boussole, magnétomètre du pauvreDifficulté 2 sur 3
  11. Rails de Laplace à courant imposéDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Applications : Helmholtz, boussole des tangentes, galvanomètre, moteur, haut-parleur, champ tournant

9 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 3 hcalculatrice autorisée

  1. Les bobines de HelmholtzDifficulté 2 sur 3
  2. La boussole des tangentesDifficulté 2 sur 3
  3. Le solénoïde de travaux pratiques et ses effets de bordDifficulté 2 sur 3
  4. Le galvanomètre à cadre mobileDifficulté 2 sur 3
  5. Le moteur à courant continu à cadre et collecteurDifficulté 2 sur 3
  6. Le haut-parleur électrodynamiqueDifficulté 2 sur 3
  7. Le peson électromagnétiqueDifficulté 2 sur 3
  8. Rails de Laplace sur un plan inclinéDifficulté 2 sur 3
  9. Champ tournant et moteur synchroneDifficulté 2 sur 3
3

Interrogation A

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Cartes de champ, moment magnétique, force et couple de Laplace

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Un cadre carré dans un champ uniforme7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Mesurer un champ avec des rails de Laplace7 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Interrogation B

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Couple de Laplace, roue de Barlow, boussole et champ terrestre

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. La roue de Barlow7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Une boussole dans le champ d’une bobine7 ptsDifficulté 2 sur 3
5

Approfondissement

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Démonstrations refaites autrement, résultats classiques, mesures absolues, moteur synchrone

8 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 4 hcalculatrice autorisée

  1. Le couple sur un circuit plan quelconqueDifficulté 3 sur 3
  2. Deux fils parallèles et l’ancienne définition de l’ampèreDifficulté 3 sur 3
  3. Le solénoïde reconstruit à partir de la spireDifficulté 3 sur 3
  4. De la spire au dipôle : le moment magnétique de la TerreDifficulté 3 sur 3
  5. La méthode de Gauss : mesurer mm et BhB_h séparémentDifficulté 3 sur 3
  6. Grandes oscillations d’une boussole (hors programme — pour aller plus loin)Difficulté 3 sur 3
  7. Dynamique du moteur synchroneDifficulté 3 sur 3
  8. Capacité numérique : tracer une carte de champDifficulté 3 sur 3
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DS type concours

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Le lanceur électromagnétique de laboratoire

Durée : 3 hcalculatrice autorisée3 parties18 questionsbarème indicatif sur 20

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Planche de colle

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Une question de cours et quatre exercices d’oral

1 question de cours4 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 3 sur 3environ 20 min{20\,\mathrm{min}} par exercice

  1. Question de coursDifficulté 1 sur 3
  2. Le fil, la boussole et le champ terrestreDifficulté 1 sur 3
  3. La tige suspendue dans un champ verticalDifficulté 2 sur 3
  4. Un fil en lévitation au-dessus d’un autreDifficulté 2 sur 3
  5. Dimensionner un moteur de 100 W{100\,\mathrm{W}}Difficulté 3 sur 3

Prépa · Physique-chimie : les 26 chapitres

  1. Mesures et incertitudes
  2. Optique géométrique
  3. Circuits dans l’ARQS
  4. Circuits du premier ordre
  5. Oscillateurs libres et forcés
  6. Filtrage linéaire
  7. Propagation et interférences
  8. Cinématique du point
  9. Lois de Newton
  10. Énergétique du point
  11. Particules chargées
  12. Transformations de la matière
  13. Cinétique chimique
  14. Structure des entités chimiques
  15. Moment cinétique et forces centrales
  16. Mouvement d’un solide
  17. Système thermodynamique
  18. Premier principe
  19. Deuxième principe
  20. Machines thermiques
  21. Champ magnétique et forces de Laplace
  22. Induction
  23. Physique quantique
  24. Solides cristallins
  25. Acide-base et précipitation
  26. Oxydo-réduction et diagrammes E-pH