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Première spécialité · Mathématiques · Chapitre 11

Probabilités conditionnelles et indépendance

Fiche de cours5 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Probabilité conditionnelle

Définition. Soit AA et BB deux événements avec P(A)≠0P(A)\neq0. La probabilité de BB sachant AA est

PA(B)=P(A∩B)P(A).P_{A}(B)=\frac{P(A\cap B)}{P(A)}.

Propriété. Pour tous événements AA et BB tels que P(A)≠0P(A)\neq0 :

P(A∩B)=P(A)×PA(B),0⩽PA(B)⩽1,PA ⁣(B‾)=1−PA(B).P(A\cap B)=P(A)\times P_{A}(B),\qquad 0\leq P_{A}(B)\leq1,\qquad P_{A}\!\left(\overline B\right)=1-P_{A}(B).

Remarque. En situation d’équiprobabilité, PA(B)P_{A}(B) est la proportion des issues de BB parmi celles de AA : on « se restreint » à AA, qui devient le nouvel univers. Dans un tableau croisé, PA(B)P_{A}(B) se lit en divisant l’effectif de la case A∩BA\cap B par le total de la ligne (ou de la colonne) AA.

Méthode — traduire un énoncé. « parmi les AA, la proportion de BB », « sachant que », « lorsque AA est réalisé » →\rightarrow PA(B)P_{A}(B). « AA et BB » →\rightarrow P(A∩B)P(A\cap B). Attention au sens du conditionnement : PA(B)P_{A}(B) et PB(A)P_{B}(A) n’ont aucune raison d’être égales.

2Arbres pondérés et probabilités totales

Propriété — les trois règles de l’arbre. Dans un arbre pondéré :

  • la somme des probabilités des branches issues d’un même nœud vaut 11 ;
  • la probabilité d’un chemin est le produit des probabilités des branches qui le composent ;
  • la probabilité d’un événement est la somme des probabilités des chemins qui y mènent.

Les branches du premier niveau portent P(A)P(A) et P ⁣(A‾)P\!\left(\overline A\right) ; celles du second niveau portent des probabilités conditionnelles, PA(B)P_{A}(B) ou PA‾(B)P_{\overline A}(B).

Définition. Des événements A1,…,AnA_{1},\dots,A_{n} de probabilités non nulles forment une partition de l’univers lorsqu’ils sont deux à deux incompatibles et que leur réunion est l’univers. Le cas le plus fréquent est la partition {A ;A‾}\left\{A\,;\overline A\right\}.

Figure 1 — Arbre pondéré : le chemin du haut a pour probabilité P(A)×PA(B)=P(A∩B)P(A)\times P_{A}(B)=P(A\cap B).

Théorème — formule des probabilités totales. Si A1,…,AnA_{1},\dots,A_{n} forment une partition de l’univers, alors, pour tout événement BB :

P(B)=P(A1∩B)+⋯+P(An∩B)=P(A1)PA1(B)+⋯+P(An)PAn(B).P(B)=P(A_{1}\cap B)+\dots+P(A_{n}\cap B)=P(A_{1})P_{A_{1}}(B)+\dots+P(A_{n})P_{A_{n}}(B).

En particulier : P(B)=P(A)PA(B)+P ⁣(A‾)PA‾(B)P(B)=P(A)P_{A}(B)+P\!\left(\overline A\right)P_{\overline A}(B).

Méthode — « renverser » un conditionnement. Pour calculer PB(A)P_{B}(A) alors que l’arbre donne PA(B)P_{A}(B) : écrire PB(A)=P(A∩B)P(B)P_{B}(A)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(B)}, calculer le numérateur par le chemin correspondant et le dénominateur par les probabilités totales.

3Indépendance

Définition. Deux événements AA et BB sont indépendants lorsque P(A∩B)=P(A)×P(B)P(A\cap B)=P(A)\times P(B).

Propriété. Si P(A)≠0P(A)\neq0, AA et BB sont indépendants si, et seulement si, PA(B)=P(B)P_{A}(B)=P(B) : savoir que AA est réalisé ne change pas la probabilité de BB. Si AA et BB sont indépendants, il en est de même de AA et B‾\overline B, de A‾\overline A et BB, de A‾\overline A et B‾\overline B.

Remarque. Ne pas confondre incompatibles (A∩B=∅A\cap B=\varnothing, donc P(A∩B)=0P(A\cap B)=0) et indépendants. L’indépendance se démontre par un calcul, ou se justifie par la situation (tirages avec remise, lancers successifs, personnes choisies indépendamment).

Remarque. Algorithme du chapitre : la méthode de Monte-Carlo estime une probabilité, ou une aire, en simulant un grand nombre d’expériences aléatoires et en calculant la fréquence des succès observés.

4Répétition d’épreuves indépendantes

Définition. Une épreuve de Bernoulli est une expérience à deux issues : le succès SS, de probabilité pp, et l’échec S‾\overline S, de probabilité 1−p1-p.

Propriété. On répète nn fois (n⩽4n\leq4) la même épreuve de Bernoulli, de façon indépendante : on représente la situation par un arbre à nn niveaux, qui compte 2n2^{n} chemins. La probabilité d’un chemin comportant kk succès et n−kn-k échecs est

pk(1−p)n−k.p^{k}(1-p)^{n-k}.

Méthode — probabilité d’obtenir kk succès. Dénombrer les chemins de l’arbre qui comportent exactement kk succès, puis multiplier ce nombre par pk(1−p)n−kp^{k}(1-p)^{n-k}, puisque tous ces chemins ont la même probabilité.

Remarque. Plus généralement, lors d’une succession d’épreuves indépendantes, la probabilité d’une issue est le produit des probabilités des résultats qui la composent.

Figure 2 — n=3n=3 : 88 chemins, dont 33 comportent exactement 22 succès.

5Savoir-faire du chapitre

Savoir-faire
  • Calculer une probabilité conditionnelle à partir de la définition ou d’un tableau croisé ; distinguer P(A∩B)P(A\cap B), PA(B)P_{A}(B) et PB(A)P_{B}(A).
  • Construire et compléter un arbre pondéré ; calculer la probabilité d’un chemin, puis d’un événement.
  • Appliquer la formule des probabilités totales, puis « renverser » un conditionnement (tests de dépistage, faux positifs).
  • Démontrer que deux événements sont indépendants, ou justifier qu’ils ne le sont pas.
  • Calculer des probabilités lors de la répétition de n⩽4n\leq4 épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes, en dénombrant les chemins de l’arbre.

6Exemples types

Exempleprobabilités totales et conditionnement renversé

Un test de dépistage : 2 %2\,\% de la population est malade (MM) ; le test est positif (TT) pour 95 %95\,\% des malades et pour 3 %3\,\% des non-malades. Alors P(T)=0,02×0,95+0,98×0,03=0,019+0,0294=0,0484P(T)=0{,}02\times0{,}95+0{,}98\times0{,}03=0{,}019+0{,}0294=0{,}0484, puis PT(M)=0,0190,0484≈0,393P_{T}(M)=\dfrac{0{,}019}{0{,}0484}\approx0{,}393 : moins de 40 %40\,\% des tests positifs concernent un malade, alors que PM(T)=0,95P_{M}(T)=0{,}95.

Exempleindépendance

On lance deux dés équilibrés. Soit AA : « le premier dé donne 66 » et BB : « la somme vaut 77 ». Alors P(A)=16P(A)=\frac16, P(B)=636=16P(B)=\frac{6}{36}=\frac16 et A∩BA\cap B est l’issue (6 ;1)(6\,;1), donc P(A∩B)=136=P(A)×P(B)P(A\cap B)=\frac{1}{36}=P(A)\times P(B) : AA et BB sont indépendants.

Exempleépreuves répétées

Un joueur marque un panier avec la probabilité p=0,8p=0{,}8 et tire 33 fois, de façon indépendante. La probabilité de marquer exactement 22 paniers est 3×0,82×0,2=0,3843\times0{,}8^{2}\times0{,}2=0{,}384 (33 chemins), et celle d’en marquer au moins un est 1−0,23=0,9921-0{,}2^{3}=0{,}992.

Pièges
  • PA(B)P_{A}(B) et PB(A)P_{B}(A) sont deux nombres différents : le mot « sachant » indique la condition, donc le dénominateur.
  • P(A∩B)=P(A)×P(B)P(A\cap B)=P(A)\times P(B) seulement si AA et BB sont indépendants ; en général, P(A∩B)=P(A)×PA(B)P(A\cap B)=P(A)\times P_{A}(B).
  • Incompatibles et indépendants ne veulent pas dire la même chose : deux événements incompatibles de probabilités non nulles ne sont jamais indépendants.
  • Sur un arbre, les probabilités du deuxième niveau sont conditionnelles : on ne les additionne pas avec celles du premier, on les multiplie le long du chemin.
  • Pour nn épreuves répétées, ne pas oublier de compter les chemins : la probabilité d’obtenir kk succès n’est pas pk(1−p)n−kp^{k}(1-p)^{n-k} mais ce produit multiplié par le nombre de chemins.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : tableau croisé, probabilité conditionnelle, arbre pondéré, probabilités totales, indépendance, épreuves répétées

6 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hsans calculatrice

  1. Lire un sondage dans un tableau croiséDifficulté 1 sur 3
  2. Traduire un énoncéDifficulté 1 sur 3
  3. Compléter et exploiter un arbreDifficulté 1 sur 3
  4. Les probabilités totales : le trajet de LéaDifficulté 2 sur 3
  5. Indépendants ou non ?Difficulté 2 sur 3
  6. Répondre au hasard à un QCMDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Application : dépistage médical, contrôle qualité, génétique, tirs au but, méthode de Monte-Carlo

5 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 h 30calculatrice autorisée

  1. Un test de dépistageDifficulté 2 sur 3
  2. Contrôle qualité : deux machinesDifficulté 2 sur 3
  3. Génétique : la couleur des petits poisDifficulté 2 sur 3
  4. Tirs au but à l’entraînementDifficulté 2 sur 3
  5. Méthode de Monte-Carlo : l’aire sous une paraboleDifficulté 2 sur 3
3

Contrôle A

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QCM, tableau croisé d’un sondage, arbre pondéré d’un filtre anti-spam, épreuves répétées

Durée : 1 hsans calculatrice4 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questionnaire à choix multiples5 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Un sondage avant une élection municipale5 ptsDifficulté 1 sur 3
  3. Un filtre anti-spam6 ptsDifficulté 2 sur 3
  4. Tir à l’arc4 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Contrôle B

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Vrai ou faux, contrôle antidopage et valeur prédictive, fiabilité d’une alarme, tirages répétés et simulation

Durée : 1 hsans calculatrice4 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Vrai ou faux ?4 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Un contrôle antidopage6 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. La fiabilité d’une alarme5 ptsDifficulté 3 sur 3
  4. Tirages avec remise et simulation5 ptsDifficulté 2 sur 3
5

Approfondissement

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Pour aller plus loin : démonstrations sur l’indépendance, le problème du chevalier de Méré, le jeu de Monty Hall, dépistage en deux temps, météo et suites, estimation de π\pi

6 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 3 hcalculatrice autorisée

  1. Démonstrations autour de l’indépendanceDifficulté 3 sur 3
  2. Le problème du chevalier de MéréDifficulté 3 sur 3
  3. Le jeu de Monty HallDifficulté 3 sur 3
  4. Dépistage en deux temps et simulationDifficulté 3 sur 3
  5. La météo à long termeDifficulté 3 sur 3
  6. Méthode de Monte-Carlo : estimer π\piDifficulté 3 sur 3
6

Type épreuve anticipée

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Partie 1 : douze questions d’automatismes — Partie 2 : une question délicate dans un sondage, les feux d’un trajet, le volume d’une boîte

Durée : 2 hsans calculatriceQCM et 3 exercicesbarème sur 20

  1. Questionnaire à choix multiples6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Une question délicate dans un sondage5 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Les feux d’un trajet4 ptsDifficulté 2 sur 3
  4. Le volume d’une boîte5 ptsDifficulté 2 sur 3

Première · Mathématiques : les 13 chapitres

  1. Second degré
  2. Suites numériques : généralités
  3. Suites arithmétiques et géométriques
  4. Nombre dérivé et tangente
  5. Fonctions dérivées
  6. Variations et extremums
  7. Fonction exponentielle
  8. Trigonométrie
  9. Produit scalaire
  10. Géométrie repérée
  11. Probabilités conditionnelles et indépendance
  12. Variables aléatoires
  13. Épreuve anticipée de mathématiques