1Probabilité conditionnelle
Définition. Soit et deux événements avec . La probabilité de sachant est
Propriété. Pour tous événements et tels que :
Remarque. En situation d’équiprobabilité, est la proportion des issues de parmi celles de : on « se restreint » à , qui devient le nouvel univers. Dans un tableau croisé, se lit en divisant l’effectif de la case par le total de la ligne (ou de la colonne) .
Méthode — traduire un énoncé. « parmi les , la proportion de », « sachant que », « lorsque est réalisé » . « et » . Attention au sens du conditionnement : et n’ont aucune raison d’être égales.
2Arbres pondérés et probabilités totales
Propriété — les trois règles de l’arbre. Dans un arbre pondéré :
- la somme des probabilités des branches issues d’un même nœud vaut ;
- la probabilité d’un chemin est le produit des probabilités des branches qui le composent ;
- la probabilité d’un événement est la somme des probabilités des chemins qui y mènent.
Les branches du premier niveau portent et ; celles du second niveau portent des probabilités conditionnelles, ou .
Définition. Des événements de probabilités non nulles forment une partition de l’univers lorsqu’ils sont deux à deux incompatibles et que leur réunion est l’univers. Le cas le plus fréquent est la partition .
Figure 1 — Arbre pondéré : le chemin du haut a pour probabilité .
Théorème — formule des probabilités totales. Si forment une partition de l’univers, alors, pour tout événement :
En particulier : .
Méthode — « renverser » un conditionnement. Pour calculer alors que l’arbre donne : écrire , calculer le numérateur par le chemin correspondant et le dénominateur par les probabilités totales.
3Indépendance
Définition. Deux événements et sont indépendants lorsque .
Propriété. Si , et sont indépendants si, et seulement si, : savoir que est réalisé ne change pas la probabilité de . Si et sont indépendants, il en est de même de et , de et , de et .
Remarque. Ne pas confondre incompatibles (, donc ) et indépendants. L’indépendance se démontre par un calcul, ou se justifie par la situation (tirages avec remise, lancers successifs, personnes choisies indépendamment).
Remarque. Algorithme du chapitre : la méthode de Monte-Carlo estime une probabilité, ou une aire, en simulant un grand nombre d’expériences aléatoires et en calculant la fréquence des succès observés.
4Répétition d’épreuves indépendantes
Définition. Une épreuve de Bernoulli est une expérience à deux issues : le succès , de probabilité , et l’échec , de probabilité .
Propriété. On répète fois () la même épreuve de Bernoulli, de façon indépendante : on représente la situation par un arbre à niveaux, qui compte chemins. La probabilité d’un chemin comportant succès et échecs est
Méthode — probabilité d’obtenir succès. Dénombrer les chemins de l’arbre qui comportent exactement succès, puis multiplier ce nombre par , puisque tous ces chemins ont la même probabilité.
Remarque. Plus généralement, lors d’une succession d’épreuves indépendantes, la probabilité d’une issue est le produit des probabilités des résultats qui la composent.
Figure 2 — : chemins, dont comportent exactement succès.
5Savoir-faire du chapitre
- Calculer une probabilité conditionnelle à partir de la définition ou d’un tableau croisé ; distinguer , et .
- Construire et compléter un arbre pondéré ; calculer la probabilité d’un chemin, puis d’un événement.
- Appliquer la formule des probabilités totales, puis « renverser » un conditionnement (tests de dépistage, faux positifs).
- Démontrer que deux événements sont indépendants, ou justifier qu’ils ne le sont pas.
- Calculer des probabilités lors de la répétition de épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes, en dénombrant les chemins de l’arbre.
6Exemples types
Un test de dépistage : de la population est malade () ; le test est positif () pour des malades et pour des non-malades. Alors , puis : moins de des tests positifs concernent un malade, alors que .
On lance deux dés équilibrés. Soit : « le premier dé donne » et : « la somme vaut ». Alors , et est l’issue , donc : et sont indépendants.
Un joueur marque un panier avec la probabilité et tire fois, de façon indépendante. La probabilité de marquer exactement paniers est ( chemins), et celle d’en marquer au moins un est .
- et sont deux nombres différents : le mot « sachant » indique la condition, donc le dénominateur.
- seulement si et sont indépendants ; en général, .
- Incompatibles et indépendants ne veulent pas dire la même chose : deux événements incompatibles de probabilités non nulles ne sont jamais indépendants.
- Sur un arbre, les probabilités du deuxième niveau sont conditionnelles : on ne les additionne pas avec celles du premier, on les multiplie le long du chemin.
- Pour épreuves répétées, ne pas oublier de compter les chemins : la probabilité d’obtenir succès n’est pas mais ce produit multiplié par le nombre de chemins.