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Première spécialité · Mathématiques · Chapitre 3

Suites arithmétiques et géométriques

Fiche de cours4 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Suites arithmétiques

Définition. Une suite (un)(u_n) est arithmétique s’il existe un réel rr, appelé raison, tel que, pour tout nn,

un+1=un+r,c’est-aˋ-direun+1−un=r.u_{n+1}=u_n+r,\qquad\text{c'est-à-dire}\qquad u_{n+1}-u_n=r .

On passe d’un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre.

Propriété — terme général. Si (un)(u_n) est arithmétique de raison rr, alors, pour tous entiers nn et pp :

un=u0+nret, plus geˊneˊralement,un=up+(n−p)r.u_n=u_0+nr \qquad\text{et, plus généralement,}\qquad u_n=u_p+(n-p)r .

Démonstration : de u0u_0 à unu_n, on ajoute nn fois la raison rr.

Propriété — sens de variation et représentation. (un)(u_n) est strictement croissante si r>0r>0, strictement décroissante si r<0r<0, constante si r=0r=0. Les points (n ;un)(n\,;u_n) sont alignés sur la droite d’équation y=rx+u0y=rx+u_0 : une suite arithmétique est l’analogue discret d’une fonction affine, et modélise une évolution à accroissements constants.

2Suites géométriques

Définition. Une suite (un)(u_n) est géométrique s’il existe un réel qq, appelé raison, tel que, pour tout nn, un+1=q unu_{n+1}=q\,u_n. Si aucun terme n’est nul, cela équivaut à : un+1un=q\dfrac{u_{n+1}}{u_n}=q pour tout nn. On passe d’un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre.

Propriété — terme général. Si (un)(u_n) est géométrique de raison qq, alors  un=u0 q n \ u_n=u_0\,q^{\,n}\ et, plus généralement, pour tous entiers n⩾pn\geq p,  un=up q n−p\ u_n=u_p\,q^{\,n-p}. Démonstration : de u0u_0 à unu_n, on multiplie nn fois par qq.

Propriété — sens de variation. Pour u0>0u_0>0 et q>0q>0 : la suite est strictement croissante si q>1q>1, constante si q=1q=1, strictement décroissante si 0<q<10<q<1. Les sens sont échangés si u0<0u_0<0. Si q<0q<0 et u0≠0u_0\neq0, la suite n’est pas monotone : les termes changent de signe alternativement. Une suite géométrique modélise une évolution à taux constant (croissance ou décroissance exponentielle).

3Évolutions en pourcentage

Propriété. Augmenter de t %t\,\% revient à multiplier par le coefficient multiplicateur  CM=1+t100\ \text{CM}=1+\dfrac{t}{100} ; diminuer de t %t\,\%, à multiplier par 1−t1001-\dfrac{t}{100}. Des évolutions successives se traduisent par le produit des coefficients multiplicateurs ; l’évolution réciproque correspond au coefficient 1CM\dfrac{1}{\text{CM}}.

Remarque. Une grandeur qui évolue de t %t\,\% à chaque période engendre donc une suite géométrique de raison 1+t1001+\frac{t}{100} : après nn périodes, elle a été multipliée par (1+t100)n\left(1+\frac{t}{100}\right)^n.

4Sommes de termes consécutifs

Formulaireles quatre formules à connaître
  • 1+2+3+⋯+n=n(n+1)21+2+3+\dots+n=\dfrac{n(n+1)}{2} ; pour q≠1q\neq1 : 1+q+q2+⋯+q n=1−q n+11−q1+q+q^2+\dots+q^{\,n}=\dfrac{1-q^{\,n+1}}{1-q}.
  • Suite arithmétique : somme=(nombre de termes)×premier terme+dernier terme2\text{somme}=(\text{nombre de termes})\times\dfrac{\text{premier terme}+\text{dernier terme}}{2}.
  • Suite géométrique de raison q≠1q\neq1 : somme=(premier terme)×1−q nombre de termes1−q\text{somme}=(\text{premier terme})\times\dfrac{1-q^{\,\text{nombre de termes}}}{1-q}.
  • Nombre de termes de upu_p à unu_n : n−p+1n-p+1 (ne pas oublier le +1+1).

Méthode — démonstration de 1+2+⋯+n1+2+\dots+n. Écrire la somme SS deux fois, la seconde à l’envers, et additionner terme à terme : on obtient nn paires valant chacune n+1n+1, donc 2S=n(n+1)2S=n(n+1). Pour la somme géométrique, calculer S−qSS-qS : tous les termes se simplifient sauf deux.

5Suite arithmético-géométrique (avec suite auxiliaire fournie)

Méthode — un+1=a un+bu_{n+1}=a\,u_n+b. L’énoncé fournit une suite auxiliaire vn=un−ℓv_n=u_n-\ell. On montre que (vn)(v_n) est géométrique de raison aa, on écrit vn=v0 a nv_n=v_0\,a^{\,n}, puis on revient à un=vn+ℓu_n=v_n+\ell.

6Savoir-faire du chapitre

Savoir-faire
  • Reconnaître et démontrer la nature d’une suite : calculer un+1−unu_{n+1}-u_n (arithmétique) ou un+1un\frac{u_{n+1}}{u_n} (géométrique) et vérifier que le résultat est constant.
  • Déterminer la raison et le premier terme connaissant deux termes, puis exprimer unu_n en fonction de nn.
  • Donner le sens de variation ; déterminer un rang à partir duquel un seuil est atteint.
  • Modéliser une croissance linéaire ou exponentielle (intérêts, population, abonnements, loyers).
  • Calculer une somme de termes consécutifs après avoir compté les termes.
  • Exploiter une suite auxiliaire fournie pour étudier une suite arithmético-géométrique.

7Exemples types

Exempleretrouver une suite arithmétique à partir de deux termes

(wn)(w_n) est arithmétique avec w5=17w_5=17 et w12=45w_{12}=45. Alors w12=w5+7rw_{12}=w_5+7r, donc r=45−177=4r=\frac{45-17}{7}=4 et w0=w5−5r=17−20=−3w_0=w_5-5r=17-20=-3 : wn=−3+4nw_n=-3+4n. Le rang nn tel que wn=197w_n=197 vérifie 4n=2004n=200, soit n=50n=50.

Exempleretrouver une suite géométrique à partir de deux termes

(wn)(w_n) est géométrique à termes positifs avec w2=18w_2=18 et w5=486w_5=486. Alors w5=w2 q3w_5=w_2\,q^3, donc q3=48618=27q^3=\frac{486}{18}=27 et q=3q=3 ; puis w0=w2q2=189=2w_0=\frac{w_2}{q^2}=\frac{18}{9}=2 et wn=2×3 nw_n=2\times3^{\,n}.

Exemplesommes

S=3+7+11+⋯+79S=3+7+11+\dots+79 est une somme de termes consécutifs d’une suite arithmétique de raison 44 : elle compte 79−34+1=20\frac{79-3}{4}+1=20 termes, donc S=20×3+792=820S=20\times\frac{3+79}{2}=820. De même 1+2+4+⋯+210=1−2111−2=211−1=2 0471+2+4+\dots+2^{10}=\frac{1-2^{11}}{1-2}=2^{11}-1=2\,047.

Exempleévolution à taux constant

Un loyer de 700700 euros augmente de 2 %2\,\% par an : Ln=700×1,02 nL_n=700\times1{,}02^{\,n}, suite géométrique de raison 1,021{,}02. Au bout de 55 ans, L5=700×1,025≈772,86L_5=700\times1{,}02^{5}\approx 772{,}86 euros, soit une hausse globale d’environ 10,4 %10{,}4\,\% — et non de 10 %10\,\%.

Pièges
  • «  Il suffit de vérifier sur trois termes » : non. Pour démontrer la nature d’une suite, calculer un+1−unu_{n+1}-u_n ou un+1un\frac{u_{n+1}}{u_n} pour tout nn.
  • un=u0 q nu_n=u_0\,q^{\,n} et non u0 nqu_0^{\,n}q ; et si la suite commence à u1u_1, alors un=u1 q n−1u_n=u_1\,q^{\,n-1} : compter les pas, pas les rangs.
  • Le nombre de termes de u0u_0 à unu_n est n+1n+1, pas nn : c’est l’erreur la plus fréquente dans les sommes.
  • Deux hausses de 10 %10\,\% ne font pas une hausse de 20 %20\,\% : 1,1×1,1=1,211{,}1\times1{,}1=1{,}21, soit +21 %+21\,\%.
  • Une baisse de 20 %20\,\% suivie d’une hausse de 20 %20\,\% ne ramène pas à la valeur initiale : 0,8×1,2=0,960{,}8\times1{,}2=0{,}96.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : reconnaître, terme général, sens de variation, évolutions, sommes

9 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3durée conseillée : 1 h 30calculatrice autorisée

  1. ReconnaîtreDifficulté 1 sur 3
  2. Justifier la nature d’une suiteDifficulté 1 sur 3
  3. Terme général d’une suite arithmétiqueDifficulté 1 sur 3
  4. Terme général d’une suite géométriqueDifficulté 1 sur 3
  5. De la récurrence à la forme expliciteDifficulté 2 sur 3
  6. Sens de variationDifficulté 1 sur 3
  7. Évolutions et coefficient multiplicateurDifficulté 1 sur 3
  8. Calculer des sommesDifficulté 2 sur 3
  9. Points alignés ou non ?Difficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Application : placements, forage, deux villes, gobelets, rebonds, panneaux solaires

6 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hcalculatrice autorisée

  1. Intérêts simples ou intérêts composés ?Difficulté 2 sur 3
  2. Le forage d’un puitsDifficulté 2 sur 3
  3. Deux villes, deux modèlesDifficulté 2 sur 3
  4. Une pyramide de gobeletsDifficulté 2 sur 3
  5. Les rebonds d’une balleDifficulté 2 sur 3
  6. Rentabiliser des panneaux solairesDifficulté 2 sur 3
3

Contrôle A

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QCM, terme général et sommes, élimination d’un médicament, gradins

Durée : 1 hcalculatrice autorisée4 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questionnaire à choix multiples5 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Terme général et sommes5 ptsDifficulté 1 sur 3
  3. Élimination d’un médicament5 ptsDifficulté 2 sur 3
  4. Les gradins d’un stade5 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Contrôle B

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Somme géométrique, vrai ou faux, trois termes, choisir un bail, carrés emboîtés

Durée : 1 hcalculatrice autorisée5 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Démonstration : somme des termes d’une suite géométrique3 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Vrai ou faux ?5 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Trois termes consécutifs3 ptsDifficulté 3 sur 3
  4. Choisir un bail commercial5 ptsDifficulté 3 sur 3
  5. Des carrés emboîtés4 ptsDifficulté 2 sur 3
5

Approfondissement

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Pour aller plus loin : démonstrations, somme des carrés, tours de Hanoï, suite auxiliaire, emprunt, flocon de Koch

6 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 2 h 30calculatrice autorisée

  1. Démontrer les formules du terme généralDifficulté 3 sur 3
  2. La somme des carrésDifficulté 3 sur 3
  3. Les tours de HanoïDifficulté 3 sur 3
  4. Une suite arithmético-géométriqueDifficulté 3 sur 3
  5. L’emprunt à annuités constantesDifficulté 3 sur 3
  6. Le flocon de von KochDifficulté 3 sur 3
6

Type épreuve anticipée

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Partie 1 : douze questions d’automatismes — Partie 2 : réduire ses déchets, sommes et second degré, un triangle dans un rectangle

Durée : 2 hsans calculatriceQCM et 3 exercicesbarème sur 20

  1. Questionnaire à choix multiples6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Réduire ses déchets6 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Des sommes et une équation du second degré4 ptsDifficulté 2 sur 3
  4. Un triangle dans un rectangle4 ptsDifficulté 2 sur 3

Première · Mathématiques : les 13 chapitres

  1. Second degré
  2. Suites numériques : généralités
  3. Suites arithmétiques et géométriques
  4. Nombre dérivé et tangente
  5. Fonctions dérivées
  6. Variations et extremums
  7. Fonction exponentielle
  8. Trigonométrie
  9. Produit scalaire
  10. Géométrie repérée
  11. Probabilités conditionnelles et indépendance
  12. Variables aléatoires
  13. Épreuve anticipée de mathématiques