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Terminale spécialité · Mathématiques · Algèbre et géométrie · Chapitre 12

Vecteurs, droites et plans de l’espace

Fiche de cours5 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Vecteurs de l’espace

Définition. À tout couple de points (A ;B)(A\,;B) de l’espace on associe le vecteur AB→\vect{AB}, caractérisé par sa direction, son sens et sa longueur : c’est le vecteur de la translation qui envoie AA sur BB. On a AB→=CD→\vect{AB}=\vect{CD} si et seulement si ABDCABDC est un parallélogramme (éventuellement aplati).

Propriété. Toutes les règles de calcul du plan restent valables dans l’espace : relation de Chasles AB→+BC→=AC→\vect{AB}+\vect{BC}=\vect{AC},  BA→=−AB→\ \vect{BA}=-\vect{AB},  AA→=0⃗\ \vect{AA}=\vv0, et si II est le milieu de [AB][AB], MA→+MB→=2 MI→\vect{MA}+\vect{MB}=2\,\vect{MI} pour tout point MM.

Définition. Une combinaison linéaire des vecteurs u⃗1,…,u⃗p\vv u_1,\dots,\vv u_p est un vecteur a1u⃗1+⋯+apu⃗pa_1\vv u_1+\cdots+a_p\vv u_p, où les aia_i sont des réels.

2Colinéarité et coplanarité

Définition. Deux vecteurs u⃗\vv u et v⃗\vv v sont colinéaires s’il existe un réel kk tel que u⃗=k v⃗\vv u=k\,\vv v ou v⃗=k u⃗\vv v=k\,\vv u. Le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur.

Propriété. AA, BB, CC sont alignés   ⟺  \ssi AB→\vect{AB} et AC→\vect{AC} sont colinéaires. Les droites (AB)(AB) et (CD)(CD) sont parallèles   ⟺  \ssi AB→\vect{AB} et CD→\vect{CD} sont colinéaires.

Définition. Trois vecteurs sont coplanaires lorsqu’ils admettent des représentants situés dans un même plan.

Propriété. Si u⃗\vv u et v⃗\vv v ne sont pas colinéaires, alors u⃗\vv u, v⃗\vv v, w⃗\vv w sont coplanaires   ⟺  \ssi il existe deux réels aa et bb tels que w⃗=a u⃗+b v⃗\vv w=a\,\vv u+b\,\vv v. Quatre points AA, BB, CC, DD sont coplanaires   ⟺  \ssi AB→\vect{AB}, AC→\vect{AC}, AD→\vect{AD} le sont.

3Droites et plans de l’espace

Propriété — droite. La droite passant par AA et de vecteur directeur u⃗≠0⃗\vv u\neq\vv 0 est l’ensemble des points MM tels que AM→=t u⃗\vect{AM}=t\,\vv u, avec t∈Rt\in\R.

Propriété — plan. Le plan passant par AA et dirigé par deux vecteurs non colinéaires u⃗\vv u et v⃗\vv v est l’ensemble des points MM tels que AM→=s u⃗+t v⃗\vect{AM}=s\,\vv u+t\,\vv v, avec s,t∈Rs,t\in\R. Trois points non alignés définissent un unique plan.

Remarque. Une droite est incluse dans un plan dès que deux de ses points le sont ; deux droites sécantes définissent un plan.

Propriété — parallélisme. Deux droites sont parallèles si leurs vecteurs directeurs sont colinéaires. Une droite est parallèle à un plan si un vecteur directeur de la droite est coplanaire avec deux vecteurs dirigeant le plan. Deux plans sont parallèles si les vecteurs qui dirigent l’un dirigent aussi l’autre.

Figure 1 — Le cube ABCDEFGHABCDEFGH ; (AB→,AD→,AE→)\left(\vect{AB},\vect{AD},\vect{AE}\right) est une base de l’espace.

4Positions relatives

Formulaireles configurations à connaître
  • Deux droites : coplanaires (alors sécantes en un point, ou strictement parallèles, ou confondues) ou non coplanaires. Deux droites non coplanaires n’ont aucun point commun sans être parallèles : c’est propre à l’espace.
  • Une droite et un plan : la droite est incluse dans le plan, ou strictement parallèle au plan, ou sécante au plan en un unique point.
  • Deux plans : confondus, strictement parallèles, ou sécants suivant une droite.
  • Théorème du toit : si d⊂Pd\subset\mathcal{P}, d′⊂P′d'\subset\mathcal{P}', d∥d′d\parallel d' et P∩P′=Δ\mathcal{P}\cap\mathcal{P}'=\Delta, alors Δ\Delta est parallèle à dd et à d′d'.
  • Section plane d’un solide : deux points d’une même face se joignent par un segment ; deux faces parallèles sont coupées suivant deux droites parallèles.

5Bases, repères et coordonnées

Définition. Trois vecteurs non coplanaires (i⃗,j⃗,k⃗)\left(\vv i,\vv j,\vv k\right) forment une base de l’espace : tout vecteur u⃗\vv u s’écrit de manière unique u⃗=x i⃗+y j⃗+z k⃗\vv u=x\,\vv i+y\,\vv j+z\,\vv k. Le triplet (x ;y ;z)(x\,;y\,;z) est le triplet des coordonnées de u⃗\vv u. Un repère est la donnée d’un point OO et d’une base : MM a pour coordonnées celles de OM→\vect{OM}.

Méthode — reconnaître une base. Trois vecteurs u⃗\vv u, v⃗\vv v, w⃗\vv w forment une base   ⟺  \ssi ils ne sont pas coplanaires. Lorsque u⃗\vv u et v⃗\vv v ne sont pas colinéaires, cela revient à montrer que w⃗\vv w ne s’écrit pas a u⃗+b v⃗a\,\vv u+b\,\vv v : on résout le système obtenu en coordonnées et on montre qu’il n’a pas de solution.

Propriété. Dans un repère, si A(xA ;yA ;zA)A(x_A\,;y_A\,;z_A) et B(xB ;yB ;zB)B(x_B\,;y_B\,;z_B), alors AB→\vect{AB} a pour coordonnées (xB−xA ;yB−yA ;zB−zA)(x_B-x_A\,;y_B-y_A\,;z_B-z_A) et le milieu de [AB][AB] a pour coordonnées (xA+xB2 ;yA+yB2 ;zA+zB2)\left(\frac{x_A+x_B}{2}\,;\frac{y_A+y_B}{2}\,;\frac{z_A+z_B}{2}\right). Les coordonnées de u⃗+v⃗\vv u+\vv v et de λu⃗\lambda\vv u s’obtiennent composante par composante.

6Savoir-faire du chapitre

Savoir-faire
  • Décomposer un vecteur d’une figure de l’espace (cube, pavé, tétraèdre) sur une base, à l’aide de la relation de Chasles.
  • Démontrer que trois points sont alignés, que deux droites sont parallèles, que quatre points sont coplanaires.
  • Caractériser une droite par un point et un vecteur directeur, un plan par un point et deux vecteurs non colinéaires.
  • Déterminer la position relative de deux droites, d’une droite et d’un plan, de deux plans ; construire une section plane simple.
  • Calculer des coordonnées de vecteurs, de milieux, et vérifier qu’une famille de trois vecteurs est une base.

7Exemples types

Exempledécomposition dans une base

Dans le cube ABCDEFGHABCDEFGH muni de la base (AB→,AD→,AE→)\left(\vect{AB},\vect{AD},\vect{AE}\right) : AG→=AB→+AD→+AE→\vect{AG}=\vect{AB}+\vect{AD}+\vect{AE} et, par Chasles, BH→=BA→+AD→+DH→=−AB→+AD→+AE→\vect{BH}=\vect{BA}+\vect{AD}+\vect{DH}=-\vect{AB}+\vect{AD}+\vect{AE}.

Exemplecoplanarité avec des coordonnées

Soit A(1 ;0 ;2)A(1\,;0\,;2), B(3 ;1 ;1)B(3\,;1\,;1), C(0 ;2 ;4)C(0\,;2\,;4) et D(1 ;5 ;5)D(1\,;5\,;5). On a AB→(2 ;1 ;−1)\vect{AB}(2\,;1\,;-1), AC→(−1 ;2 ;2)\vect{AC}(-1\,;2\,;2) et AD→(0 ;5 ;3)\vect{AD}(0\,;5\,;3). Comme AD→=AB→+2 AC→\vect{AD}=\vect{AB}+2\,\vect{AC}, les quatre points sont coplanaires.

Exempleposition relative de deux droites

Dans le cube ABCDEFGHABCDEFGH de la figure 1, DG→=DC→+CG→=AB→+AE→=AF→\vect{DG}=\vect{DC}+\vect{CG}=\vect{AB}+\vect{AE}=\vect{AF} : ADGFADGF est un parallélogramme, donc (AF)∥(DG)(AF)\parallel(DG). En revanche AG→=AB→+AD→+AE→\vect{AG}=\vect{AB}+\vect{AD}+\vect{AE} n’est pas combinaison linéaire de AB→\vect{AB} et AE→\vect{AE} (sa composante sur AD→\vect{AD} n’est pas nulle) : les points AA, BB, EE, GG ne sont pas coplanaires, donc les droites (AB)(AB) et (EG)(EG) ne sont pas coplanaires.

Exempledroite parallèle à un plan

Toujours dans le cube, EG→=EF→+FG→=AB→+AD→\vect{EG}=\vect{EF}+\vect{FG}=\vect{AB}+\vect{AD} : ce vecteur directeur de (EG)(EG) est une combinaison linéaire de AB→\vect{AB} et AD→\vect{AD}, qui dirigent le plan (ABC)(ABC). Comme E∉(ABC)E\notin(ABC), la droite (EG)(EG) est strictement parallèle au plan (ABC)(ABC).

Pièges
  • Dans l’espace, deux droites sans point commun ne sont pas forcément parallèles : elles peuvent être non coplanaires.
  • Trois vecteurs coplanaires ne forment jamais une base : vérifier la non-coplanarité avant de parler de base ou de repère.
  • Deux plans distincts ne se coupent jamais en un seul point : leur intersection est vide ou c’est une droite entière.
  • Pour prouver que u⃗\vv u, v⃗\vv v, w⃗\vv w ne sont pas coplanaires en montrant que w⃗\vv w ne s’écrit pas a u⃗+b v⃗a\,\vv u+b\,\vv v, vérifier d’abord que u⃗\vv u et v⃗\vv v ne sont pas colinéaires : sinon, les trois vecteurs peuvent être coplanaires sans que w⃗\vv w soit combinaison de u⃗\vv u et v⃗\vv v.
  • Pour conclure qu’une droite est strictement parallèle à un plan, vérifier en plus qu’un de ses points n’appartient pas au plan.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : vecteurs et relation de Chasles, colinéarité, coplanarité, droites et plans, repères

6 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 1 h 45calculatrice autorisée

  1. Lire des vecteurs sur un pavé droitDifficulté 1 sur 3
  2. Relation de Chasles et combinaisons linéairesDifficulté 1 sur 3
  3. Colinéarité et alignementDifficulté 1 sur 3
  4. Décomposer sur trois arêtes d’un cubeDifficulté 2 sur 3
  5. Droites, plans et positions relativesDifficulté 2 sur 3
  6. Un repère associé au cubeDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Problèmes : tétraèdre des milieux, sections planes, plans parallèles, repérage d’un entrepôt

7 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 h 15calculatrice autorisée

  1. Le parallélogramme des milieux d’un tétraèdreDifficulté 2 sur 3
  2. Un parallélogramme caché dans le cubeDifficulté 2 sur 3
  3. Une section plane du cubeDifficulté 2 sur 3
  4. Deux plans parallèles dans le cubeDifficulté 2 sur 3
  5. Les câbles d’un entrepôtDifficulté 2 sur 3
  6. Changer de baseDifficulté 2 sur 3
  7. Vrai ou faux ?Difficulté 2 sur 3
3

Contrôle A

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QCM, décomposition dans un pavé, alignement et coplanarité par le calcul, section plane

Durée : 1 hcalculatrice autorisée4 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questionnaire à choix multiples6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Décomposer dans un pavé droit5 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Alignement, plan et coplanarité5 ptsDifficulté 2 sur 3
  4. Positions relatives et section plane4 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Contrôle B

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Vrai ou faux, section d’un prisme, plans parallèles et grande diagonale du cube, trajectoire d’un drone

Durée : 1 hcalculatrice autorisée4 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Vrai ou faux4 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Une section du prisme5 ptsDifficulté 3 sur 3
  3. La grande diagonale du cube6 ptsDifficulté 3 sur 3
  4. La trajectoire d’un drone5 ptsDifficulté 3 sur 3
5

Approfondissement

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Pour aller plus loin : démonstrations du cours, théorème du toit, tétraèdre régulier, section hexagonale, barycentres

6 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 2 h 30calculatrice autorisée

  1. Les démonstrations du coursDifficulté 3 sur 3
  2. Le théorème du toitDifficulté 3 sur 3
  3. Le tétraèdre régulier caché dans le cubeDifficulté 3 sur 3
  4. La section hexagonale du cubeDifficulté 3 sur 3
  5. Le centre de gravité d’un tétraèdreDifficulté 3 sur 3
  6. Barycentres (hors programme — pour aller plus loin)Difficulté 3 sur 3
6

Sujet type bac

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QCM — Un cube repéré : décomposition, coplanarité, section plane, intersections

Durée : 1 h 30calculatrice autorisée2 exercices indépendantsbarème sur 12

  1. Questionnaire à choix multiples5 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Un cube repéré7 ptsDifficulté 2 sur 3

Terminale · Mathématiques : les 17 chapitres

  1. Raisonnement par récurrence
  2. Limites de suites
  3. Limites de fonctions
  4. Continuité
  5. Compléments sur la dérivation
  6. Convexité
  7. Fonction logarithme népérien
  8. Fonctions sinus et cosinus
  9. Primitives et équations différentielles
  10. Calcul intégral
  11. Combinatoire et dénombrement
  12. Vecteurs, droites et plans de l’espace
  13. Orthogonalité et distances dans l’espace
  14. Représentations paramétriques et équations cartésiennes
  15. Succession d’épreuves indépendantes et loi binomiale
  16. Sommes de variables aléatoires
  17. Concentration et loi des grands nombres