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Terminale spécialité · Mathématiques · Probabilités · Chapitre 16

Sommes de variables aléatoires

Fiche de cours4 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Rappels : espérance, variance, écart type

Définition. Si XX prend les valeurs x1,…,xrx_1,\dots,x_r avec les probabilités p1,…,prp_1,\dots,p_r :

E(X)=∑i=1rpi xi,V(X)=∑i=1rpi(xi−E(X))2=E ⁣(X2)−E(X)2,σ(X)=V(X).E(X)=\sum_{i=1}^{r}p_i\,x_i,\qquad V(X)=\sum_{i=1}^{r}p_i\bigl(x_i-E(X)\bigr)^{2}=E\!\left(X^{2}\right)-E(X)^{2},\qquad \sigma(X)=\sqrt{V(X)}.

Remarque. E(X)E(X) est la valeur moyenne de XX sur un grand nombre de répétitions ; σ(X)\sigma(X) mesure la dispersion autour de E(X)E(X), dans la même unité que XX.

2Somme de deux variables aléatoires

Définition. Si XX et YY sont définies sur le même univers, X+YX+Y est la variable aléatoire qui, à chaque issue ω\omega, associe X(ω)+Y(ω)X(\omega)+Y(\omega).

Méthode — déterminer la loi de X+YX+Y. Croiser les valeurs de XX et de YY dans un tableau à double entrée, calculer la probabilité de chaque case, puis regrouper les cases donnant la même somme.

Propriété — linéarité de l’espérance — toujours vraie. Pour toutes variables XX et YY sur le même univers et tous réels aa et bb :

E(X+Y)=E(X)+E(Y),E(aX)=a E(X),E(aX+b)=a E(X)+b.E(X+Y)=E(X)+E(Y),\qquad E(aX)=a\,E(X),\qquad E(aX+b)=a\,E(X)+b.

Plus généralement, E(X1+X2+⋯+Xn)=E(X1)+E(X2)+⋯+E(Xn)E(X_1+X_2+\cdots+X_n)=E(X_1)+E(X_2)+\cdots+E(X_n) pour toutes variables X1,…,XnX_1,\dots,X_n sur le même univers.

3Variance d’une somme

Propriété. Pour tous réels aa et bb :  V(aX+b)=a2V(X)\ V(aX+b)=a^{2}V(X) et σ(aX+b)=∣a∣ σ(X)\sigma(aX+b)=\abs{a}\,\sigma(X). Ajouter une constante ne change pas la dispersion.

Théorème — variables indépendantes. Si XX et YY sont indépendantes — par exemple si elles sont associées à deux épreuves d’une succession d’épreuves indépendantes — alors

V(X+Y)=V(X)+V(Y),σ(X+Y)=V(X)+V(Y).V(X+Y)=V(X)+V(Y),\qquad \sigma(X+Y)=\sqrt{V(X)+V(Y)}.

Plus généralement, si X1,…,XnX_1,\dots,X_n sont indépendantes (associées aux nn épreuves d’une succession d’épreuves indépendantes), V(X1+⋯+Xn)=V(X1)+⋯+V(Xn)V(X_1+\cdots+X_n)=V(X_1)+\cdots+V(X_n).

Remarque. La variance n’est donc pas linéaire : V(aX)=a2V(X)V(aX)=a^{2}V(X), et l’additivité exige l’indépendance, contrairement à celle de l’espérance.

4Application à la loi binomiale

Théorème. Si XX suit la loi binomiale B(n ;p)\mathcal{B}(n\,;p), alors E(X)=npE(X)=np, V(X)=np(1−p)V(X)=np(1-p) et σ(X)=np(1−p)\sigma(X)=\sqrt{np(1-p)}.

Méthode — démonstration exigible. On écrit X=X1+X2+⋯+XnX=X_1+X_2+\cdots+X_n, où XiX_i vaut 11 si la ii-ième épreuve est un succès et 00 sinon : les XiX_i sont indépendantes et suivent la loi de Bernoulli de paramètre pp, donc E(Xi)=pE(X_i)=p et V(Xi)=p(1−p)V(X_i)=p(1-p). La linéarité de l’espérance donne E(X)=npE(X)=np, et l’additivité de la variance (indépendance) donne V(X)=np(1−p)V(X)=np(1-p).

Méthode — décomposer une variable. Lorsqu’une variable compte un nombre de réalisations, l’écrire X=X1+⋯+XnX=X_1+\cdots+X_n où XiX_i vaut 11 si la ii-ième réalisation a lieu et 00 sinon : E(X)E(X) s’obtient alors par linéarité, et V(X)V(X) par additivité lorsque les XiX_i sont indépendantes.

5Échantillon, somme et moyenne

Définition. Un échantillon de taille nn d’une loi de probabilité est une liste (X1,…,Xn)(X_1,\dots,X_n) de variables aléatoires indépendantes suivant toutes cette loi. On note Sn=X1+⋯+XnS_n=X_1+\cdots+X_n la somme et Mn=SnnM_n=\dfrac{S_n}{n} la moyenne de l’échantillon.

Propriété. Si la loi commune a pour espérance μ\mu, pour variance VV et pour écart type σ\sigma :

E(Sn)=nμ,V(Sn)=nV,σ(Sn)=σn;E(Mn)=μ,V(Mn)=Vn,σ(Mn)=σn.E(S_n)=n\mu,\quad V(S_n)=nV,\quad \sigma(S_n)=\sigma\sqrt{n};\qquad E(M_n)=\mu,\quad V(M_n)=\frac{V}{n},\quad \sigma(M_n)=\frac{\sigma}{\sqrt{n}}.

Remarque. La moyenne MnM_n a la même espérance que la loi initiale, mais une dispersion σ/n\sigma/\sqrt n : elle est d’autant plus concentrée autour de μ\mu que nn est grand. Pour diviser l’écart type de MnM_n par 22, il faut multiplier nn par 44.

6Savoir-faire du chapitre

Savoir-faire
  • Déterminer la loi de X+YX+Y par un tableau à double entrée, puis calculer son espérance de deux façons.
  • Utiliser la linéarité de l’espérance et les formules V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^{2}V(X), V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y) pour des variables indépendantes.
  • Décomposer une variable aléatoire en somme de variables simples (souvent des variables de Bernoulli) pour calculer son espérance et sa variance.
  • Retrouver E(X)=npE(X)=np et V(X)=np(1−p)V(X)=np(1-p) pour une loi binomiale.
  • Calculer E(Sn)E(S_n), V(Sn)V(S_n), E(Mn)E(M_n), σ(Mn)\sigma(M_n) pour un échantillon, et interpréter la décroissance en 1/n1/\sqrt n.
  • Calculer l’espérance et l’écart type d’une combinaison aX+bYaX+bY de deux variables indépendantes.

7Exemples types

Exempleloi d’une somme

XX prend les valeurs 11 et 22, YY les valeurs 11, 22 et 33, toutes équiprobables et indépendamment l’une de l’autre : chacune des 66 cases a pour probabilité 16\frac16. En regroupant les sommes : P(X+Y=2)=16P(X+Y=2)=\frac16, P(X+Y=3)=26P(X+Y=3)=\frac26, P(X+Y=4)=26P(X+Y=4)=\frac26, P(X+Y=5)=16P(X+Y=5)=\frac16. On retrouve E(X+Y)=216=3,5=1,5+2=E(X)+E(Y)E(X+Y)=\frac{21}{6}=3{,}5=1{,}5+2=E(X)+E(Y).

Exemplegains d’un jeu répété

Le gain XX d’une partie vaut −1 €{-1\,\mathrm{\text{€}}} avec la probabilité 0,70{,}7 et 3 €{3\,\mathrm{\text{€}}} avec la probabilité 0,30{,}3 : E(X)=−0,7+0,9=0,2E(X)=-0{,}7+0{,}9=0{,}2 et V(X)=(0,7×1+0,3×9)−0,22=3,36V(X)=\bigl(0{,}7\times 1+0{,}3\times 9\bigr)-0{,}2^{2}=3{,}36. Pour 2020 parties indépendantes, de gains X1,…,X20X_1,\dots,X_{20}, le gain total S=X1+⋯+X20S=X_1+\cdots+X_{20} vérifie E(S)=20×0,2=4 €E(S)=20\times 0{,}2={4\,\mathrm{\text{€}}}, V(S)=20×3,36=67,2V(S)=20\times 3{,}36=67{,}2 et σ(S)≈8,20 €\sigma(S)\approx{8{,}20\,\mathrm{\text{€}}}.

Exemplemoyenne d’un échantillon

Pour un dé équilibré à six faces, μ=3,5\mu=3{,}5, V=3512≈2,92V=\frac{35}{12}\approx 2{,}92 et σ≈1,71\sigma\approx 1{,}71. Pour un échantillon de taille n=100n=100 : E(M100)=3,5E(M_{100})=3{,}5 et σ(M100)=σ10≈0,171\sigma(M_{100})=\dfrac{\sigma}{10}\approx 0{,}171 : la moyenne de 100100 lancers est dix fois moins dispersée qu’un lancer isolé.

Exemplecombinaison de deux variables

Une entreprise vend deux produits en quantités XX et YY indépendantes, avec E(X)=120E(X)=120, V(X)=36V(X)=36, E(Y)=80E(Y)=80 et V(Y)=64V(Y)=64. La recette est R=5X+8YR=5X+8Y (en euros). Alors E(R)=5×120+8×80=1 240 €E(R)=5\times 120+8\times 80={1\,240\,\mathrm{\text{€}}} et V(R)=52×36+82×64=900+4 096=4 996V(R)=5^{2}\times 36+8^{2}\times 64=900+4\,096=4\,996, d’où σ(R)≈70,7 €\sigma(R)\approx{70{,}7\,\mathrm{\text{€}}}.

Pièges
  • E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y) est toujours vraie, mais V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y) exige l’indépendance.
  • V(aX)=a2V(X)V(aX)=a^{2}V(X) et non a V(X)a\,V(X) ; V(X+b)=V(X)V(X+b)=V(X) : ajouter une constante ne change pas la variance.
  • σ(X+Y)≠σ(X)+σ(Y)\sigma(X+Y)\neq\sigma(X)+\sigma(Y) en général : pour des variables indépendantes, on additionne les variances, pas les écarts types.
  • E(Mn)=μE(M_n)=\mu ne dépend pas de nn : c’est la dispersion qui diminue, en σ/n\sigma/\sqrt n et non en σ/n\sigma/n.
  • σ(Sn)=σn\sigma(S_n)=\sigma\sqrt n augmente avec nn, alors que σ(Mn)\sigma(M_n) diminue : ne pas confondre somme et moyenne.
  • Dans un échantillon, les XiX_i suivent toutes la même loi : E(Xi)=μE(X_i)=\mu pour chaque ii, et non E(Xi)=μ/nE(X_i)=\mu/n.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : loi d’une somme, linéarité de l’espérance, additivité de la variance, échantillon et moyenne

9 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 h 15calculatrice autorisée

  1. La somme de deux désDifficulté 1 sur 3
  2. La facture de l’artisanDifficulté 1 sur 3
  3. Deux roues de loterieDifficulté 1 sur 3
  4. Assembler deux composantsDifficulté 1 sur 3
  5. Un robot d’assemblageDifficulté 2 sur 3
  6. La loi binomiale, somme de variables de BernoulliDifficulté 2 sur 3
  7. Des gains cumulésDifficulté 2 sur 3
  8. Quand la variance ne s’additionne pasDifficulté 2 sur 3
  9. Un échantillon d’une loi de BernoulliDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Problèmes : colis et conditionnement, loi d’une somme, échantillons et précision, simulation en Python, décomposition, choix d’une stratégie

8 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 h 30calculatrice autorisée

  1. Le colis de la librairieDifficulté 2 sur 3
  2. Un jeu à deux dés différentsDifficulté 2 sur 3
  3. Le réglage d’une embouteilleuseDifficulté 2 sur 3
  4. Simuler la moyenne d’un échantillonDifficulté 2 sur 3
  5. Le parcours du basketteurDifficulté 2 sur 3
  6. Contrôle qualité et coût des rebutsDifficulté 2 sur 3
  7. Trois façons de jouer neuf euros d’espéranceDifficulté 2 sur 3
  8. Un barème avec pénalitéDifficulté 2 sur 3
3

Contrôle A

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QCM, un jeu de plateau, un meuble en kit, la moyenne d’un échantillon

Durée : 1 hcalculatrice autorisée4 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questionnaire à choix multiples5 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Un jeu de plateau6 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Un meuble en kit5 ptsDifficulté 2 sur 3
  4. À la caisse du magasin4 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Contrôle B

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Vrai ou faux, démonstration de E(X)E(X) et V(X)V(X) pour la loi binomiale, gains cumulés, échantillon et algorithme

Durée : 1 hcalculatrice autorisée4 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Vrai ou faux ?4 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Espérance et variance de la loi binomiale5 ptsDifficulté 3 sur 3
  3. Des gains cumulés6 ptsDifficulté 3 sur 3
  4. Le remplissage des sachets5 ptsDifficulté 2 sur 3
5

Approfondissement

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Pour aller plus loin : points fixes d’un tirage au sort, somme de deux lois binomiales, diversification d’un placement, records, marche aléatoire

5 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 2 h 30calculatrice autorisée

  1. Les chapeaux du vestiaireDifficulté 3 sur 3
  2. La somme de deux lois binomialesDifficulté 3 sur 3
  3. Diversifier un placementDifficulté 3 sur 3
  4. Compter les recordsDifficulté 3 sur 3
  5. Une marche aléatoireDifficulté 3 sur 3
6

Sujet type bac

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QCM — Le conditionnement du café : masse d’un carton, paquets non conformes, contrôle sur un échantillon

Durée : 1 h 30calculatrice autorisée2 exercices indépendantsbarème sur 12

  1. Questionnaire à choix multiples5 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Le conditionnement du café7 ptsDifficulté 2 sur 3

Terminale · Mathématiques : les 17 chapitres

  1. Raisonnement par récurrence
  2. Limites de suites
  3. Limites de fonctions
  4. Continuité
  5. Compléments sur la dérivation
  6. Convexité
  7. Fonction logarithme népérien
  8. Fonctions sinus et cosinus
  9. Primitives et équations différentielles
  10. Calcul intégral
  11. Combinatoire et dénombrement
  12. Vecteurs, droites et plans de l’espace
  13. Orthogonalité et distances dans l’espace
  14. Représentations paramétriques et équations cartésiennes
  15. Succession d’épreuves indépendantes et loi binomiale
  16. Sommes de variables aléatoires
  17. Concentration et loi des grands nombres