1Rappels : espérance, variance, écart type
Définition. Si prend les valeurs avec les probabilités :
Remarque. est la valeur moyenne de sur un grand nombre de répétitions ; mesure la dispersion autour de , dans la même unité que .
2Somme de deux variables aléatoires
Définition. Si et sont définies sur le même univers, est la variable aléatoire qui, à chaque issue , associe .
Méthode — déterminer la loi de . Croiser les valeurs de et de dans un tableau à double entrée, calculer la probabilité de chaque case, puis regrouper les cases donnant la même somme.
Propriété — linéarité de l’espérance — toujours vraie. Pour toutes variables et sur le même univers et tous réels et :
Plus généralement, pour toutes variables sur le même univers.
3Variance d’une somme
Propriété. Pour tous réels et : et . Ajouter une constante ne change pas la dispersion.
Théorème — variables indépendantes. Si et sont indépendantes — par exemple si elles sont associées à deux épreuves d’une succession d’épreuves indépendantes — alors
Plus généralement, si sont indépendantes (associées aux épreuves d’une succession d’épreuves indépendantes), .
Remarque. La variance n’est donc pas linéaire : , et l’additivité exige l’indépendance, contrairement à celle de l’espérance.
4Application à la loi binomiale
Théorème. Si suit la loi binomiale , alors , et .
Méthode — démonstration exigible. On écrit , où vaut si la -ième épreuve est un succès et sinon : les sont indépendantes et suivent la loi de Bernoulli de paramètre , donc et . La linéarité de l’espérance donne , et l’additivité de la variance (indépendance) donne .
Méthode — décomposer une variable. Lorsqu’une variable compte un nombre de réalisations, l’écrire où vaut si la -ième réalisation a lieu et sinon : s’obtient alors par linéarité, et par additivité lorsque les sont indépendantes.
5Échantillon, somme et moyenne
Définition. Un échantillon de taille d’une loi de probabilité est une liste de variables aléatoires indépendantes suivant toutes cette loi. On note la somme et la moyenne de l’échantillon.
Propriété. Si la loi commune a pour espérance , pour variance et pour écart type :
Remarque. La moyenne a la même espérance que la loi initiale, mais une dispersion : elle est d’autant plus concentrée autour de que est grand. Pour diviser l’écart type de par , il faut multiplier par .
6Savoir-faire du chapitre
- Déterminer la loi de par un tableau à double entrée, puis calculer son espérance de deux façons.
- Utiliser la linéarité de l’espérance et les formules , pour des variables indépendantes.
- Décomposer une variable aléatoire en somme de variables simples (souvent des variables de Bernoulli) pour calculer son espérance et sa variance.
- Retrouver et pour une loi binomiale.
- Calculer , , , pour un échantillon, et interpréter la décroissance en .
- Calculer l’espérance et l’écart type d’une combinaison de deux variables indépendantes.
7Exemples types
prend les valeurs et , les valeurs , et , toutes équiprobables et indépendamment l’une de l’autre : chacune des cases a pour probabilité . En regroupant les sommes : , , , . On retrouve .
Le gain d’une partie vaut avec la probabilité et avec la probabilité : et . Pour parties indépendantes, de gains , le gain total vérifie , et .
Pour un dé équilibré à six faces, , et . Pour un échantillon de taille : et : la moyenne de lancers est dix fois moins dispersée qu’un lancer isolé.
Une entreprise vend deux produits en quantités et indépendantes, avec , , et . La recette est (en euros). Alors et , d’où .
- est toujours vraie, mais exige l’indépendance.
- et non ; : ajouter une constante ne change pas la variance.
- en général : pour des variables indépendantes, on additionne les variances, pas les écarts types.
- ne dépend pas de : c’est la dispersion qui diminue, en et non en .
- augmente avec , alors que diminue : ne pas confondre somme et moyenne.
- Dans un échantillon, les suivent toutes la même loi : pour chaque , et non .