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Seconde · Mathématiques · Chapitre 13

Probabilités conditionnelles et arbres pondérés

Fiche de cours5 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Vocabulaire des probabilités

Définition. Une expérience aléatoire a plusieurs résultats possibles, appelés issues, sans qu’on puisse prévoir lequel se produira. L’ensemble de toutes les issues est l’univers, noté Ω\Omega. Un événement est une partie de Ω\Omega ; un événement élémentaire ne contient qu’une issue.

Notation. Pour deux événements AA et BB : A‾\overline{A} est l’événement contraire de AA (« AA ne se réalise pas ») ; A∩BA\cap B (« AA et BB ») est réalisé quand les deux le sont ; A∪BA\cup B (« AA ou BB ») quand l’un au moins l’est. AA et BB sont incompatibles lorsque A∩B=∅A\cap B=\varnothing.

2Calculer une probabilité

Définition. Une probabilité associe à chaque issue un nombre de [0 ;1]\intff{0}{1}, la somme de ces nombres valant 11. La probabilité d’un événement AA, notée P(A)P(A), est la somme des probabilités des issues qui le composent : 0⩽P(A)⩽10\leq P(A)\leq1, P(Ω)=1P(\Omega)=1 et P(∅)=0P(\varnothing)=0.

Propriété — équiprobabilité. Lorsque toutes les issues ont la même probabilité, on dit qu’il y a équiprobabilité et, pour tout événement AA,

P(A)=nombre d’issues de Anombre total d’issues=Card⁡ACard⁡Ω.P(A)=\frac{\text{nombre d'issues de }A}{\text{nombre total d'issues}}=\frac{\Card A}{\Card \Omega}.

Propriété. Pour tous événements AA et BB :  P ⁣(A‾)=1−P(A)\ P\!\left(\overline{A}\right)=1-P(A) et P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B). Si AA et BB sont incompatibles, P(A∪B)=P(A)+P(B)P(A\cup B)=P(A)+P(B).

3Probabilités conditionnelles

Définition. Soit AA un événement de probabilité non nulle. La probabilité de BB sachant AA, notée PA(B)P_{A}(B), est la probabilité de BB lorsqu’on se limite aux issues de AA : AA devient le nouvel univers.

Propriété. Dans un tableau croisé d’effectifs, PA(B)P_{A}(B) s’obtient en divisant l’effectif de A∩BA\cap B par l’effectif de AA (un total-ligne ou -colonne), alors que P(A∩B)P(A\cap B) s’obtient en le divisant par l’effectif total. On a aussi

P(A∩B)=P(A)×PA(B)etPA(B)+PA ⁣(B‾)=1.P(A\cap B)=P(A)\times P_{A}(B)\qquad\text{et}\qquad P_{A}(B)+P_{A}\!\left(\overline{B}\right)=1.

Méthode — traduire un énoncé. « parmi les AA », « sachant que AA », « chez les AA », « lorsque AA est réalisé » →\rightarrow PA(B)P_{A}(B) ; « AA et BB » →\rightarrow P(A∩B)P(A\cap B) ; « AA ou BB » →\rightarrow P(A∪B)P(A\cup B). En général PA(B)≠PB(A)P_{A}(B)\neq P_{B}(A) : le mot « sachant » indique le dénominateur.

4Arbres pondérés

Propriété — les trois règles de l’arbre. Dans un arbre pondéré :

  • la somme des probabilités des branches issues d’un même nœ ud vaut 11 ;
  • la probabilité d’un chemin est le produit des probabilités des branches qui le composent ;
  • la probabilité d’un événement est la somme des probabilités des chemins qui y mènent.

Les branches du premier niveau portent P(A)P(A) et P ⁣(A‾)P\!\left(\overline{A}\right) ; celles du second niveau portent des probabilités conditionnelles.

Méthode — passer du tableau à l’arbre. Le premier niveau reprend un caractère (fréquences marginales), le second l’autre caractère conditionnellement au premier. Inversement, un arbre permet de reconstituer un tableau en multipliant chaque probabilité de chemin par l’effectif total.

Figure 1 — Arbre pondéré à deux niveaux : le chemin du haut a pour probabilité P(A)×PA(B)=P(A∩B)P(A)\times P_{A}(B)=P(A\cap B).

5Simuler pour estimer une probabilité

Propriété — loi des grands nombres. Lorsqu’on répète un grand nombre de fois, dans les mêmes conditions, une expérience aléatoire, la fréquence observée d’un événement se rapproche de sa probabilité. C’est ce qui justifie l’estimation d’une probabilité par simulation.

Remarque. Deux simulations de même taille ne donnent pas exactement la même fréquence : il faut augmenter le nombre de répétitions pour gagner en précision. Le programme ci-contre estime la probabilité d’obtenir 77 en additionnant deux dés ; la valeur exacte est 636=16≈0,167\frac{6}{36}=\frac16\approx0{,}167.

from random import randint

n = 0
for k in range(10000):
    if randint(1, 6) + randint(1, 6) == 7:
        n = n + 1
print(n/10000)

Programme 1 — Simulation de 10 00010\,000 lancers de deux dés.

FormulaireTout le chapitre en quatre lignes
  • Équiprobabilité : P(A)=Card⁡ACard⁡ΩP(A)=\dfrac{\Card A}{\Card \Omega} ; P ⁣(A‾)=1−P(A)P\!\left(\overline{A}\right)=1-P(A) ; P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B).
  • Tableau croisé (NN : effectif total) : P(A∩B)=n(A∩B)NP(A\cap B)=\dfrac{n(A\cap B)}{N} ; PA(B)=n(A∩B)n(A)P_{A}(B)=\dfrac{n(A\cap B)}{n(A)} ; PA(B)+PA ⁣(B‾)=1P_{A}(B)+P_{A}\!\left(\overline{B}\right)=1.
  • Arbre : P(A∩B)=P(A)×PA(B)P(A\cap B)=P(A)\times P_{A}(B) (produit le long d’un chemin) ; somme des chemins menant à un même événement ; somme des branches issues d’un nœ ud =1=1.
  • Simulation : la fréquence observée sur un grand nombre de répétitions estime la probabilité.

6Savoir-faire du chapitre

Savoir-faire
  • Décrire l’univers d’une expérience aléatoire et calculer une probabilité en situation d’équiprobabilité.
  • Utiliser P ⁣(A‾)=1−P(A)P\!\left(\overline{A}\right)=1-P(A) et P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B).
  • Calculer PA(B)P_{A}(B) à partir d’un tableau croisé ; distinguer P(A∩B)P(A\cap B), PA(B)P_{A}(B) et PB(A)P_{B}(A) et les traduire par des phrases.
  • Construire ou compléter un arbre pondéré, calculer la probabilité d’un chemin puis d’un événement.
  • Passer d’un tableau croisé à un arbre et inversement ; estimer une probabilité par simulation.

7Exemples types

Exemplelecture d’un tableau croisé

Sur 500500 élèves, 300300 sont demi-pensionnaires (DD) et, parmi eux, 120120 font du théâtre (TT) ; on choisit un élève au hasard. Alors P(D)=300500=0,6P(D)=\frac{300}{500}=0{,}6, P(D∩T)=120500=0,24P(D\cap T)=\frac{120}{500}=0{,}24 et PD(T)=120300=0,4P_{D}(T)=\frac{120}{300}=0{,}4. Trois nombres, trois questions distinctes.

Exemplearbre pondéré

Une usine a deux machines : la machine A fabrique 70%{70\%} des pièces et en produit 2%{2\%} de défectueuses ; la machine B fabrique les 30%{30\%} restants et en produit 5%{5\%} de défectueuses. On prélève une pièce au hasard. La probabilité qu’elle vienne de A et soit défectueuse est 0,70×0,02=0,0140{,}70\times0{,}02=0{,}014 ; celle qu’elle soit défectueuse est la somme des deux chemins : 0,014+0,30×0,05=0,014+0,015=0,0290{,}014+0{,}30\times0{,}05=0{,}014+0{,}015=0{,}029, soit 2,9%{2{,}9\%}.

Exempleles deux sens du conditionnement

Avec l’exemple précédent, parmi les pièces défectueuses, la proportion venant de A est 0,0140,029≈0,48\frac{0{,}014}{0{,}029}\approx0{,}48 : environ 48%{48\%}. On a donc PA(deˊfectueuse)=0,02P_{A}(\text{défectueuse})=0{,}02 mais Pdeˊfectueuse(A)≈0,48P_{\text{défectueuse}}(A)\approx0{,}48 : les deux probabilités n’ont rien à voir.

Pièges
  • Confondre P(A∩B)P(A\cap B) (on divise par l’effectif total) et PA(B)P_{A}(B) (on divise par l’effectif de AA).
  • Croire que PA(B)=PB(A)P_{A}(B)=P_{B}(A) : c’est faux en général (exemple ci-dessus : 0,020{,}02 et environ 0,480{,}48).
  • Additionner le long d’un chemin : on multiplie ; on additionne les chemins menant à un même événement.
  • Écrire P(A∪B)=P(A)+P(B)P(A\cup B)=P(A)+P(B) sans vérifier que AA et BB sont incompatibles.
  • Croire qu’une fréquence obtenue par simulation est la probabilité exacte : ce n’est qu’une estimation.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

PDF

Compléments — les bases : « parmi », notation PA(B)P_A(B), arbres pondérés, passage tableau ↔\leftrightarrow arbre

6 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3durée conseillée : 1 h 30sans calculatrice

  1. Au self du lycéeDifficulté 1 sur 3
  2. Traduire avec les bonnes notationsDifficulté 1 sur 3
  3. Compléter et lire un arbre pondéréDifficulté 1 sur 3
  4. Du tableau croisé à l’arbre : la médiathèqueDifficulté 1 sur 3
  5. De l’arbre au tableau : deux machinesDifficulté 2 sur 3
  6. Deux tirages : avec remise, puis sans remiseDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Compléments — application : tests et faux positifs, deux épreuves successives, simulation et loi des grands nombres

4 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hcalculatrice autorisée

  1. Se rendre au travail à véloDifficulté 2 sur 3
  2. Deux lancers francsDifficulté 2 sur 3
  3. Un test de dépistage et ses faux positifsDifficulté 2 sur 3
  4. Simuler pour observer la loi des grands nombresDifficulté 2 sur 3
3

Contrôle A

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Compléments — automatismes, tableau croisé, arbre pondéré, tirages sans remise, test de dépistage

Durée : 1 hcalculatrice interdite4 exercices indépendantsbarème sur 20 + 1 point bonus

  1. Automatismes4 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Musique et sport au lycée5 ptsDifficulté 1 sur 3
  3. Deux jetons tirés sans remise5 ptsDifficulté 2 sur 3
  4. Un test dans une pépinière6 ptsDifficulté 2 sur 3
  5. Question bonus (1 point, hors barème)Difficulté 1 sur 3

Seconde · Mathématiques : les 14 chapitres

  1. Nombres réels, intervalles et valeur absolue
  2. Arithmétique
  3. Calcul littéral
  4. Équations et inéquations
  5. Vecteurs
  6. Droites du plan
  7. Généralités sur les fonctions
  8. Fonctions de référence
  9. Variations et extremums
  10. Information chiffrée
  11. Statistiques
  12. Tableaux croisés et fréquences conditionnelles
  13. Probabilités conditionnelles et arbres pondérés
  14. Algorithmique et programmation en Python