1Acide et base de Brönsted
Définition. Un acide de Brönsted est une espèce chimique capable de céder un ion hydrogène . Une base de Brönsted est une espèce chimique capable de capter un ion .
Remarque. L’ion est un simple proton : il ne peut pas exister seul en solution aqueuse. Il est toujours capté par une autre espèce, l’eau par exemple, qui devient l’ion oxonium . Un acide ne cède donc un ion que s’il est en présence d’une base.
2Couple acide-base et demi-équation
Définition. Un acide et la base qui en résulte par perte d’un ion forment un couple acide-base, noté (acide en premier). est la base conjuguée de , et l’acide conjugué de .
Notation. La demi-équation acide-base du couple traduit ce passage :
C’est une écriture formelle : l’ion n’existe pas seul. L’acide et sa base conjuguée diffèrent d’un atome d’hydrogène et d’une unité de charge.
Définition. Une espèce amphotère est l’acide d’un couple et la base d’un autre couple. Exemples : l’eau, l’ion hydrogénocarbonate , les acides -aminés.
- Couples de l’eau : () et (). L’eau est donc amphotère.
- Couples de l’acide carbonique : ,/ (, ) et (). L’ion est amphotère.
- Acide carboxylique / ion carboxylate : , par exemple (acide éthanoïque / ion éthanoate).
- Ion ammonium / amine : , par exemple (ion méthylammonium / méthanamine) et (ion ammonium / ammoniac).
3Réaction acide-base
Définition. Une réaction acide-base est le transfert d’un ion de l’acide d’un couple vers la base d’un autre couple :
Méthode — écrire l’équation d’une réaction acide-base. identifier les deux couples ; écrire la demi-équation de l’acide dans le sens de la perte de et celle de la base dans le sens du gain ; additionner les deux : l’ion se simplifie et ne doit pas figurer dans l’équation finale. Vérifier la conservation des éléments et de la charge.
Remarque. La particule échangée est un ion . Si c’est un électron (), la réaction est une oxydoréduction, pas une réaction acide-base.
4Schémas de Lewis et formules semi-développées
Propriété. Dans un schéma de Lewis, chaque atome respecte la règle du duet () ou de l’octet (, , ) en comptant ses doublets liants et non liants.
- Acide carboxylique : groupe carboxyle ; chacun des deux atomes d’oxygène porte deux doublets non liants.
- Ion carboxylate : la perte de laisse une charge négative sur un oxygène, qui compte alors trois doublets non liants.
- Amine : l’azote porte un doublet non liant, qui lui permet de capter un ion .
- Ion ammonium : l’azote, chargé , forme quatre liaisons et n’a plus de doublet non liant : il ne peut plus capter d’ion .
Schéma : voir la version PDF de la fiche.
perte d’un ion
Schéma : voir la version PDF de la fiche.
Figure 1 — Schémas de Lewis de l’acide éthanoïque et de sa base conjuguée, l’ion éthanoate (formules semi-développées : et ).
5Savoir-faire du chapitre
- Reconnaître un acide ou une base de Brönsted et écrire la demi-équation acide-base d’un couple ; donner l’espèce conjuguée d’une espèce donnée.
- Identifier une espèce amphotère en écrivant les deux demi-équations correspondantes.
- Identifier un transfert d’ion et écrire l’équation de la réaction acide-base (éléments et charge conservés).
- Représenter le schéma de Lewis et la formule semi-développée d’un acide carboxylique, d’un ion carboxylate, d’une amine et d’un ion ammonium.
- Exploiter quantitativement une réaction acide-base pour calculer une masse, un volume de gaz ou un volume de solution.
6Exemples types
L’acide éthanoïque réagit avec l’ammoniac. Couples : et . Demi-équations : et . Somme :
L’acide éthanoïque cède l’ion , l’ammoniac le capte.
L’ion est l’acide du couple () et la base du couple ,/ () : il est amphotère. Avec l’ion oxonium d’une solution acide : ; avec l’ion hydroxyde d’une solution d’hydroxyde de sodium : .
On dissout de tartre () avec de l’acide chlorhydrique de concentration en ions : . Ainsi , d’où (avec ) et , soit un volume minimal d’acide.
- Laisser l’ion dans l’équation d’une réaction : il n’apparaît que dans les demi-équations, jamais dans le bilan.
- Oublier la conservation de la charge : et ne diffèrent pas seulement d’un atome d’hydrogène.
- Écrire un couple dans le mauvais ordre : l’acide s’écrit toujours en premier (, et non « / »).
- Appeler « réaction acide-base » toute effervescence : avec un métal, c’est un transfert d’électrons, donc une oxydoréduction.
- Croire que l’ion ammonium peut encore capter un ion : son azote n’a plus de doublet non liant.