1Cohésion des solides
Définition. Un solide ionique est un empilement régulier d’anions et de cations, en proportions telles que l’ensemble est électriquement neutre : la formule statistique traduit cette neutralité (ions et ). Sa cohésion est assurée par l’interaction électrostatique attractive entre ions de signes opposés, d’autant plus intense que les charges sont grandes et les ions proches : .
Définition. Un solide moléculaire est un empilement de molécules. Sa cohésion est assurée par les interactions de van der Waals, attractions électriques de faible intensité entre molécules, d’autant plus intenses que les molécules sont grosses (nombreux électrons) et polaires.
Définition. Un pont hydrogène s’établit entre un atome d’hydrogène lié à un atome très électronégatif (, ou ) et un doublet non liant porté par un atome , ou d’une autre molécule ; on le représente en pointillés : . Plus intense qu’une interaction de van der Waals, il explique les températures de fusion et d’ébullition élevées de l’eau, des alcools et des acides carboxyliques, ainsi que la structure de la glace et de l’ADN.
Remarque. Toutes ces interactions restent bien plus faibles qu’une liaison covalente : fondre un solide moléculaire ne casse aucune molécule.
2Dissolution d’un solide ionique dans l’eau
Propriété. L’eau est un solvant polaire : la liaison est polarisée et la molécule, coudée, porte une charge partielle sur et sur chaque . Elle solvate donc efficacement les ions.
Méthode — les trois étapes de la dissolution. dissociation (les ions du cristal sont séparés par les molécules d’eau), solvatation ou hydratation (chaque ion s’entoure de molécules d’eau, tourné vers un cation, tournés vers un anion), dispersion (les ions hydratés se répartissent dans tout le volume).
Notation. L’équation de dissolution s’écrit avec le solide à gauche et les ions à droite : . Si est la concentration en soluté apporté, les concentrations effectives des ions s’en déduisent par les nombres stœchiométriques : et . La solution reste neutre : .
3Solubilité, polarité et miscibilité
Définition. La solubilité d’une espèce dans un solvant est la concentration maximale que l’on peut obtenir à une température donnée (en ou ) ; au-delà, la solution est saturée. Deux liquides sont miscibles s’ils forment un mélange homogène.
Propriété — « qui se ressemble s’assemble ». Une espèce polaire ou ionique est très soluble dans un solvant polaire (eau, éthanol) ; une espèce apolaire est très soluble dans un solvant apolaire (cyclohexane, huile). L’eau et le cyclohexane, de polarités opposées, ne sont pas miscibles. La solubilité d’un solide augmente en général avec la température.
Définition. Une espèce hydrophile est soluble dans l’eau (ions, groupes , ), une espèce lipophile (hydrophobe) l’est dans les corps gras et les solvants apolaires (chaînes carbonées) ; une espèce amphiphile possède les deux parties.
4Extraction liquide-liquide
Méthode — extraire une espèce. verser la solution et le solvant extracteur dans une ampoule à décanter, boucher, agiter, dégazer, laisser décanter, puis recueillir la phase du bas par le robinet. Le solvant extracteur doit être non miscible au solvant initial et l’espèce doit y être plus soluble.
Propriété. La phase la plus dense est en bas : on compare les densités . Le dichlorométhane () est sous l’eau, le cyclohexane () au-dessus. Le solvant est aussi choisi pour sa faible toxicité et sa température d’ébullition (évaporation ultérieure).
5Savons et pouvoir lavant
Définition. Un savon est un carboxylate de sodium ou de potassium dont l’anion est amphiphile : une tête hydrophile () et une longue queue lipophile, comme l’ion stéarate . C’est un tensioactif : il abaisse la tension superficielle de l’eau, qui mouille mieux les surfaces.
Propriété — pouvoir lavant. Les ions amphiphiles s’accumulent à l’interface eau–graisse, queues plantées dans la salissure et têtes dans l’eau : la graisse est fragmentée puis emprisonnée dans des micelles, gouttelettes à surface hydrophile chargée négativement, qui se repoussent, restent dispersées et sont entraînées par le rinçage.
Remarque. Dans une eau dure (riche en ions et ), les ions carboxylate précipitent en un dépôt insoluble qui n’a plus de pouvoir lavant.
• électronégativités (Pauling) : : ; : ; : ; : ; : • densités : dichlorométhane ; cyclohexane ; éthanol .
6Savoir-faire du chapitre
- Justifier la formule d’un solide ionique par la neutralité électrique et expliquer la cohésion d’un solide ionique ou moléculaire.
- Reconnaître, sur des schémas de Lewis, les molécules capables d’établir des ponts hydrogène et les représenter.
- Écrire l’équation de dissolution d’un solide ionique et calculer les concentrations effectives des ions.
- Prévoir la solubilité d’une espèce ou la miscibilité de deux liquides à partir de leur polarité.
- Interpréter un protocole d’extraction liquide-liquide et placer les phases dans l’ampoule à décanter.
- Repérer les parties hydrophile et lipophile d’une espèce amphiphile et expliquer les propriétés lavantes d’un savon.
7Exemples types
On dissout de sulfate de sodium dans de l’eau jusqu’à . , donc et . Avec : et .
Le diiode , molécule apolaire, est peu soluble dans l’eau et très soluble dans le cyclohexane, apolaire. On agite donc de solution aqueuse de diiode avec de cyclohexane dans une ampoule à décanter : après décantation, le cyclohexane () forme la phase supérieure, violette, et on recueille d’abord la phase aqueuse par le robinet.
Dans l’ion dodécylsulfate , la chaîne est lipophile et le groupe chargé est hydrophile : c’est un tensioactif. Le glucose (cinq ) est hydrophile, l’octane lipophile.
- Confondre pont hydrogène et liaison covalente : c’est une interaction entre molécules, bien plus faible, qui exige un lié à , ou .
- Oublier les états et , ou couper un ion polyatomique (, ) dans une équation de dissolution.
- Confondre concentration en soluté apporté et concentration effective d’un ion : dans , .
- Croire que la phase organique est toujours au-dessus (c’est la densité qui décide), ou dire qu’un savon « dissout » la graisse : il l’emprisonne dans des micelles dispersées.