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Première spécialité · Physique-chimie · Constitution et transformations de la matière · Chapitre 2

Absorbance et dosage par étalonnage

Fiche de cours5 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Couleur d’une espèce en solution

Définition. La lumière blanche est la superposition de toutes les radiations visibles, d’environ 400 nm{400\,\mathrm{nm}} (violet) à 800 nm{800\,\mathrm{nm}} (rouge). Une solution colorée absorbe certaines de ces radiations et transmet les autres : la couleur perçue est celle de la lumière transmise.

Propriété. La couleur perçue d’une solution est la couleur complémentaire de la couleur qu’elle absorbe : les deux sont diamétralement opposées sur le cercle chromatique (figure 1).

Remarque. Une solution qui n’absorbe aucune radiation visible est incolore ; une solution qui les absorbe toutes paraît noire.

Figure 1 — Cercle chromatique simplifié

2Absorbance et spectre d’absorption

Définition. L’absorbance AA d’une solution, mesurée par un spectrophotomètre pour une longueur d’onde donnée, traduit sa capacité à absorber cette radiation. C’est une grandeur sans unité, d’autant plus grande que la solution absorbe.

Définition. Le spectre d’absorption d’une solution est la courbe A=f(λ)A=f(\lambda) sur le domaine UV-visible. La longueur d’onde du maximum d’absorption est notée λmax⁡\lambda_{\max} : c’est la radiation la plus absorbée ; la couleur perçue de la solution est, en première approximation, la couleur complémentaire de celle de cette radiation.

Méthode — utiliser un spectrophotomètre. régler l’appareil sur la longueur d’onde de travail, puis faire le blanc avec une cuve remplie de solvant pur (l’appareil affiche alors A=0A=0) ; mesurer ensuite l’absorbance des solutions dans des cuves identiques.

3Loi de Beer-Lambert

Propriété — loi de Beer-Lambert. Pour une solution diluée d’une espèce colorée unique, éclairée par une lumière monochromatique de longueur d’onde λ\lambda :

A=ε ℓ cA sans uniteˊ,ℓ en cm,c en mol⋅L−1,ε en L⋅mol−1⋅cm−1.\boxed{A=\varepsilon\,\ell\,c}\qquad A \text{ sans unité},\quad \ell \text{ en ${\mathrm{cm}}$},\quad c \text{ en ${\mathrm{mol}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}}$},\quad \varepsilon \text{ en ${\mathrm{L}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}{\cdot}\mathrm{cm}^{-1}}$}.

ℓ\ell est la largeur de la cuve traversée ; le coefficient d’absorption molaire ε\varepsilon dépend de l’espèce dissoute, de la longueur d’onde et du solvant.

Propriété. À λ\lambda et ℓ\ell fixées, ε ℓ\varepsilon\,\ell est une constante : l’absorbance est proportionnelle à la concentration,

A=k caveck=ε ℓ.A=k\,c\qquad\text{avec}\qquad k=\varepsilon\,\ell .
AttentionDomaine de validité de la loi
  • Solutions diluées : la concentration limite dépend de l’espèce (de l’ordre de 1×10−5 mol⋅L−1{1\times10^{-5}\,\mathrm{mol}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}} pour un colorant très absorbant, de 1×10−1 mol⋅L−1{1\times10^{-1}\,\mathrm{mol}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}} pour l’ion CuX2+\ce{Cu^2+}) ; au-delà, la courbe d’étalonnage s’incurve. On ne se fie pas non plus à une absorbance supérieure à environ 2 : on dilue.
  • Lumière monochromatique et une seule espèce colorée absorbant à cette longueur d’onde ; solution homogène, non fluorescente, sans particules en suspension.

4Dosage par étalonnage

Définition. Doser une espèce, c’est déterminer sa concentration dans une solution. Le dosage par étalonnage compare la solution inconnue à une gamme étalon : une série de solutions de concentrations connues, préparées par dilutions d’une même solution mère.

Méthode — dosage par étalonnage spectrophotométrique. tracer le spectre d’absorption pour repérer λmax⁡\lambda_{\max} et régler l’appareil sur cette valeur ; faire le blanc ; mesurer l’absorbance AA de chaque solution étalon et tracer A=f(c)A=f(c) : les points sont alignés avec l’origine, on modélise par une droite de coefficient directeur kk ; mesurer l’absorbance AXA_X de la solution inconnue, puis en déduire cX=AXkc_X=\dfrac{A_X}{k} (ou la lire sur la droite d’étalonnage).

Remarque. Choisir λmax⁡\lambda_{\max} rend la mesure la plus sensible : une même variation de concentration y produit la plus grande variation d’absorbance. Si la solution est trop concentrée, on la dilue d’un facteur FF connu et l’on multiplie le résultat par FF.

Propriété — comparaison à une valeur de référence. l’écart relatif entre la valeur mesurée et la valeur de référence (étiquette, table) vaut ∣cmes−creˊf∣creˊf\dfrac{\abs{c_{\text{mes}}-c_{\text{réf}}}}{c_{\text{réf}}}, souvent exprimé en pourcentage.

Figure 2 — Droite d’étalonnage A=k cA=k\,c : la mesure AX=0,48A_X={0{,}48} donne cX=1,5×10−4 mol⋅L−1c_X={1{,}5\times10^{-4}\,\mathrm{mol}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}}.

5Savoir-faire du chapitre

Savoir-faire
  • Prévoir la couleur perçue d’une solution à partir des radiations absorbées, et réciproquement (cercle chromatique).
  • Exploiter un spectre d’absorption : repérer λmax⁡\lambda_{\max}, justifier la couleur et le choix de la longueur d’onde de travail.
  • Appliquer la loi de Beer-Lambert (AA, ε\varepsilon, ℓ\ell, cc) et en énoncer le domaine de validité.
  • Proposer un protocole de gamme étalon par dilutions et le mode opératoire d’une mesure d’absorbance.
  • Exploiter une droite d’étalonnage : coefficient directeur, lecture graphique, détermination de cc puis de cm=c Mc_m=c\,M.
  • Comparer le résultat à une valeur de référence par un écart relatif et conclure.

6Exemples types

Exempleprévoir une couleur

Une solution de permanganate de potassium a un maximum d’absorption à λmax⁡=525 nm\lambda_{\max}={525\,\mathrm{nm}}, dans le vert. Sa couleur perçue est la couleur complémentaire du vert : le magenta. La solution est effectivement violette.

Exempleloi de Beer-Lambert

À λmax⁡\lambda_{\max}, une espèce a pour coefficient d’absorption molaire ε=2,3×103 L⋅mol−1⋅cm−1\varepsilon={2{,}3\times10^{3}\,\mathrm{L}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}{\cdot}\mathrm{cm}^{-1}}. Dans une cuve de largeur ℓ=1,00 cm\ell={1{,}00\,\mathrm{cm}}, une solution à c=2,0×10−4 mol⋅L−1c={2{,}0\times10^{-4}\,\mathrm{mol}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}} a pour absorbance A=ε ℓ c=2,3×103×1,00×2,0×10−4=0,46A=\varepsilon\,\ell\,c=2{,}3\times 10^{3}\times 1{,}00\times 2{,}0\times 10^{-4}={0{,}46}.

Exempleexploiter une droite d’étalonnage, comparer à une étiquette

La droite d’étalonnage d’un colorant a pour équation A=k cA=k\,c avec k=3,2×103 L⋅mol−1k={3{,}2\times10^{3}\,\mathrm{L}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}}. Un sirop dilué 10{10} fois donne AX=0,48A_X={0{,}48}, d’où cX=AXk=1,5×10−4 mol⋅L−1c_X=\dfrac{A_X}{k}={1{,}5\times10^{-4}\,\mathrm{mol}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}}. Le sirop non dilué contient donc c=10 cX=1,5×10−3 mol⋅L−1c=10\,c_X={1{,}5\times10^{-3}\,\mathrm{mol}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}}, soit, avec M=534,4 g⋅mol−1M={534{,}4\,\mathrm{g}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}}, une concentration en masse cm=c M=0,80 g⋅L−1c_m=c\,M={0{,}80\,\mathrm{g}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}}.

L’étiquette du sirop annonce cm,reˊf=0,75 g⋅L−1c_{m,\text{réf}}={0{,}75\,\mathrm{g}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}} de colorant. La mesure précédente donne cm=0,80 g⋅L−1c_m={0{,}80\,\mathrm{g}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}} : l’écart relatif vaut ∣0,80−0,75∣0,75=0,067\dfrac{\abs{0{,}80-0{,}75}}{0{,}75}={0{,}067}, soit 6,7%{6{,}7\%}. L’écart reste faible : la mesure est compatible avec l’indication de l’étiquette.

Pièges
  • Confondre couleur absorbée et couleur perçue : elles sont complémentaires. Une solution jaune absorbe le bleu.
  • Donner une unité à l’absorbance : AA est un nombre sans unité. En revanche ε\varepsilon s’exprime en L⋅mol−1⋅cm−1{\mathrm{L}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}{\cdot}\mathrm{cm}^{-1}}.
  • Extrapoler A=k cA=k\,c au-delà de la plus concentrée des solutions étalons : rien ne garantit que la loi y soit encore vérifiée.
  • Oublier le blanc, ou changer de longueur d’onde entre les étalons et la solution inconnue : kk ne serait plus le même.
  • Oublier de remonter à la solution non diluée en multipliant par le facteur de dilution FF.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : couleur, spectre, loi de Beer-Lambert, droite d’étalonnage

6 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3durée conseillée : 1 h 30calculatrice autorisée

  1. Prévoir la couleur d’une solutionDifficulté 1 sur 3
  2. Le spectre de la tartrazineDifficulté 1 sur 3
  3. Le spectrophotomètreDifficulté 1 sur 3
  4. Appliquer la loi de Beer-LambertDifficulté 1 sur 3
  5. Lire une droite d’étalonnageDifficulté 2 sur 3
  6. La tartrazine d’un sirop de citronDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Applications : sirop de menthe, fer d’un complément alimentaire, nitrates

3 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hcalculatrice autorisée

  1. Le sirop de mentheDifficulté 2 sur 3
  2. Le fer d’un complément alimentaireDifficulté 2 sur 3
  3. Les nitrates d’une eau de puitsDifficulté 2 sur 3
3

Contrôle A

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Couleur, loi de Beer-Lambert, dosage par étalonnage

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions à choix multiples5 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Le sulfate de cuivre de la bouillie bordelaise8 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Le sérum physiologique7 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Contrôle B

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Gamme étalon, dilution préalable, dosage de la chlorophylle

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Automatismes5 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Des bonbons bleus8 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. La chlorophylle des épinards7 ptsDifficulté 3 sur 3
5

Approfondissement

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Validité de la loi, mélanges, transmittance, échelle de teintes, ajouts dosés

6 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 3 hcalculatrice autorisée

  1. Jusqu’où la loi de Beer-Lambert est-elle valable ?Difficulté 3 sur 3
  2. Transmittance et absorbance (hors programme — pour aller plus loin)Difficulté 3 sur 3
  3. Deux colorants absorbant à la même longueur d’ondeDifficulté 3 sur 3
  4. Échelle de teintes et incertitude de type BDifficulté 3 sur 3
  5. La méthode des ajouts dosés (hors programme — pour aller plus loin)Difficulté 3 sur 3
  6. Pourquoi travailler au maximum d’absorption ?Difficulté 3 sur 3
6

Devoir bilan

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Quantité de matière, dilution, spectrophotométrie et conductimétrie

Durée : 1 h 30calculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours et automatismes5 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Du bleu de méthylène dans un aquarium9 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. La saumure des olives6 ptsDifficulté 2 sur 3

Première · Physique-chimie : les 18 chapitres

  1. Composition d’un système
  2. Absorbance et dosage par étalonnage
  3. Réactions d’oxydoréduction
  4. Avancement d’une réaction
  5. Titrages colorimétriques
  6. Structure des entités : Lewis, géométrie, polarité
  7. Cohésion de la matière, solubilité, extraction, savons
  8. Structure des espèces organiques
  9. Synthèses organiques
  10. Combustions et énergie chimique
  11. Interactions fondamentales et champs
  12. Fluide au repos
  13. Mouvement d’un système
  14. Énergie électrique
  15. Énergie mécanique
  16. Ondes mécaniques
  17. Lentilles minces, images et couleurs
  18. Modèles ondulatoire et particulaire de la lumière