1Couleur d’une espèce en solution
Définition. La lumière blanche est la superposition de toutes les radiations visibles, d’environ (violet) à (rouge). Une solution colorée absorbe certaines de ces radiations et transmet les autres : la couleur perçue est celle de la lumière transmise.
Propriété. La couleur perçue d’une solution est la couleur complémentaire de la couleur qu’elle absorbe : les deux sont diamétralement opposées sur le cercle chromatique (figure 1).
Remarque. Une solution qui n’absorbe aucune radiation visible est incolore ; une solution qui les absorbe toutes paraît noire.
Figure 1 — Cercle chromatique simplifié
2Absorbance et spectre d’absorption
Définition. L’absorbance d’une solution, mesurée par un spectrophotomètre pour une longueur d’onde donnée, traduit sa capacité à absorber cette radiation. C’est une grandeur sans unité, d’autant plus grande que la solution absorbe.
Définition. Le spectre d’absorption d’une solution est la courbe sur le domaine UV-visible. La longueur d’onde du maximum d’absorption est notée : c’est la radiation la plus absorbée ; la couleur perçue de la solution est, en première approximation, la couleur complémentaire de celle de cette radiation.
Méthode — utiliser un spectrophotomètre. régler l’appareil sur la longueur d’onde de travail, puis faire le blanc avec une cuve remplie de solvant pur (l’appareil affiche alors ) ; mesurer ensuite l’absorbance des solutions dans des cuves identiques.
3Loi de Beer-Lambert
Propriété — loi de Beer-Lambert. Pour une solution diluée d’une espèce colorée unique, éclairée par une lumière monochromatique de longueur d’onde :
est la largeur de la cuve traversée ; le coefficient d’absorption molaire dépend de l’espèce dissoute, de la longueur d’onde et du solvant.
Propriété. À et fixées, est une constante : l’absorbance est proportionnelle à la concentration,
- Solutions diluées : la concentration limite dépend de l’espèce (de l’ordre de pour un colorant très absorbant, de pour l’ion ) ; au-delà, la courbe d’étalonnage s’incurve. On ne se fie pas non plus à une absorbance supérieure à environ 2 : on dilue.
- Lumière monochromatique et une seule espèce colorée absorbant à cette longueur d’onde ; solution homogène, non fluorescente, sans particules en suspension.
4Dosage par étalonnage
Définition. Doser une espèce, c’est déterminer sa concentration dans une solution. Le dosage par étalonnage compare la solution inconnue à une gamme étalon : une série de solutions de concentrations connues, préparées par dilutions d’une même solution mère.
Méthode — dosage par étalonnage spectrophotométrique. tracer le spectre d’absorption pour repérer et régler l’appareil sur cette valeur ; faire le blanc ; mesurer l’absorbance de chaque solution étalon et tracer : les points sont alignés avec l’origine, on modélise par une droite de coefficient directeur ; mesurer l’absorbance de la solution inconnue, puis en déduire (ou la lire sur la droite d’étalonnage).
Remarque. Choisir rend la mesure la plus sensible : une même variation de concentration y produit la plus grande variation d’absorbance. Si la solution est trop concentrée, on la dilue d’un facteur connu et l’on multiplie le résultat par .
Propriété — comparaison à une valeur de référence. l’écart relatif entre la valeur mesurée et la valeur de référence (étiquette, table) vaut , souvent exprimé en pourcentage.
Figure 2 — Droite d’étalonnage : la mesure donne .
5Savoir-faire du chapitre
- Prévoir la couleur perçue d’une solution à partir des radiations absorbées, et réciproquement (cercle chromatique).
- Exploiter un spectre d’absorption : repérer , justifier la couleur et le choix de la longueur d’onde de travail.
- Appliquer la loi de Beer-Lambert (, , , ) et en énoncer le domaine de validité.
- Proposer un protocole de gamme étalon par dilutions et le mode opératoire d’une mesure d’absorbance.
- Exploiter une droite d’étalonnage : coefficient directeur, lecture graphique, détermination de puis de .
- Comparer le résultat à une valeur de référence par un écart relatif et conclure.
6Exemples types
Une solution de permanganate de potassium a un maximum d’absorption à , dans le vert. Sa couleur perçue est la couleur complémentaire du vert : le magenta. La solution est effectivement violette.
À , une espèce a pour coefficient d’absorption molaire . Dans une cuve de largeur , une solution à a pour absorbance .
La droite d’étalonnage d’un colorant a pour équation avec . Un sirop dilué fois donne , d’où . Le sirop non dilué contient donc , soit, avec , une concentration en masse .
L’étiquette du sirop annonce de colorant. La mesure précédente donne : l’écart relatif vaut , soit . L’écart reste faible : la mesure est compatible avec l’indication de l’étiquette.
- Confondre couleur absorbée et couleur perçue : elles sont complémentaires. Une solution jaune absorbe le bleu.
- Donner une unité à l’absorbance : est un nombre sans unité. En revanche s’exprime en .
- Extrapoler au-delà de la plus concentrée des solutions étalons : rien ne garantit que la loi y soit encore vérifiée.
- Oublier le blanc, ou changer de longueur d’onde entre les étalons et la solution inconnue : ne serait plus le même.
- Oublier de remonter à la solution non diluée en multipliant par le facteur de dilution .